White House Down, ça casse pas la Barack

Publié le 17 Octobre 2013

LES CRITIQUES EN RETARD DE VIVIEN, VOLUME 2

Quand Michael Bay choisit d'enfin réinventer son cinéma et nous a finalement offert le "premier très bon film de Michael Bay" avec No Pain No Gain, Roland Emmerich quant à lui nous rengaine encore et toujours ses productions PG-13 à gros budget sans grande dérision, sans grands risques mais surtout sans grands soins, et ce malgré les espoirs germés dans son dernier métrage, le bancal mais étonnament réussi Anonymous. En tout cas, les résultats officiels sont là : le film à petit budget et Rated-R de Bay a bien marché au box-office, tandis que le très onéreux et calibré White House Down a fait un flop relatif, notamment du à son budget de 150 000 000 de dollars plus dépensé dans le cachet de Channing Tatum et de Jamie Foxx que dans les CGI (on en reparle après...)...

Mais moi, vous l'aurez compris, je ne suis pas là pour dicter les résultats au box-office afin de juger un film, je suis là tel un schizophrène nudiste pour répondre à une question ; malgré tout mon scepticisme, le nouveau Roland Emmerich est-il un bon film d'action ?

 

2nd Degré de Tension

 

 

Mais évidemment, vous me connaissez, avant de commencer à parler du long-métrage, allons nous perdre dans les méandres d'une introduction bien plus longue qu'elle ne devrait l'être, et parlons de ce qui est au final un des principaux problèmes de White House Down et même de la plupart des blockbusters de ces dernières années : le manque de 2nd degré. En fait, laissez-moi reformuler :

-c'est un problème dans White House Down et dans beaucoup d'autres superproductions américaines, mais pas dans TOUTES les super-productions

-Et deuxièmement, quand je parle de 2nd Degré, je ne parle pas de l'humour d'un long-métrage, WHD par exemple regorgeant de petits gags ici et là (le président en Nikes, même si ça ressemble plus à un placement de produit bien gras et assumé), je parle d'une prise de recul face au sérieux de son histoire, de ses enjeux "dramatiques" et de ses situations.

Et ce que n'a déjà pas compris Roland Emmerich, c'est qu'un second degré constant peut souvent sauver un film mou et convenu, pour la bonne et simple raison qu'en sortant de la salle, on pourra se dire "bon, c'était vraiment pas génial, j'ai bien plus préféré One Direction Le Film, mais au moins ça se prenait pas au sérieux, c'était fendard ! Bon, on fait quoi maintenant ? On bais[nous arrêterons la discussion ici]​". Après, évidemment que le premier degré n'est pas un problème dans un autre gros film comme Pacific Rim, dont le sérieux n'empêchait pas des séquences hallucinantes de jouissance purement délirantes, mais, comme vous devez l'avoir compris, c'en est un pour White House Down, qui quant à lui, autant le dire tout de suite, ne se positionne pas dans le haut du panier... Il se consomme ainsi avec une certaine lassitude, sans aucune chose pouvant le distinguer du tout-venant du cinéma d'action hollywoodien. Pire que ça, Emmerich arrive à ne même pas assez bien livrer le cahier des charges pourtant basique de son long-métrage.

 

Donc maintenant je dois vous expliquer en quoi ce manque de second degré empiète sur le film : le fait est que cela créée un certain manque de fun, car on ne s'amuse clairement pas dans White House Down, on a beau essayer de nous faire nous attacher à des personnages vides comme une boîte de dons pour la préservation de la myxomatose (ne cherchez pas ça sur Google), tout ce dont nous avons envie au final c'est juste que le métrage gagne bien plus de punch au lieu d'enchaîner les scènes de fusillade et les situations grand-guignolesques traîtées sous le plus grand sérieurx comme si c'était aussi ordinaire qu'une tasse de thé chez Mami Gateau...

Et c'est là que le cas de Roland Emmerich me fait penser au cas de Michael Bay : ces deux cinéastes souvent chargés de thunes sont tous les deux tombés dans les même lacunes (Transformers 3 était tout de même lui aussi lourd à crever dans ses pires moments, et jamais véritablement fun), mais Michael Bay, avec Pain And Gain (Je me fiche éperdument du titre français), a réussi à faire de son cinéma un bon cinéma, à prouver que son type de mise en scène à lui (une mise en scène gonflée à bloc comme si elle faisait du culturisme tous les jeudi à 21h34, un style qui fonce avec pleins d'idées de mise en scène éparpillées), son type d'humour à lui (c'est quand même sacrément vulgaire) ou encore ses types de personnages à lui (souvent des débiles (qui ont véritablement existé dans Pain And Gain)) peuvent donner quelque chose d'intéressant et d'enrichissant au spectateur (pourtant vous pouvez aisément comprendre pourquoi Transformers ne vous enrichira pas d'un point de vue spirituel...), et dans le cas de Pain And Gain un long-métrage féroce, drôle, déjanté et intelligent ; on voit mal se profiler de tels espoirs pour Roland Emmerich quand les tares de son nouveau film ne sont pas les conséquences d'un style mal dosé, mais juste d'une mauvaise maîtrise de l'action et du cinéma.

Mais vous devez vous demander : quelles sont ces tares que j'accuse sans cesse chez ce film ? Eh bien malgré vous, vous allez les découvrir tout de suite...

 

Cost Cost Cost Cut Cut Cut 

Vous ne verrez jamais un plan aussi beau dans le film...

Vous ne verrez jamais un plan aussi beau dans le film...

Et oui, vous m'avez bien entendu dans me paragraphe précédent : UNE MAUVAISE MAITRISE DE L'ACTION (ce qui est bien avec les majuscules c'est que ça attire l'oeil encore plus que les mots en gras et donc ça permet de glisser des messages subliminaux sur LE COMMUNISME EN AFRIQUE). Donc je vais peut-être me retrouver dans une poubelle demain assassiné, découpé et mangé (ce qui sera dans la poubelle sera les excréments venant de ma digestion (je sais pas ce qu'ils iraient foutre dans une poubelle mais laissez-moi dans mes délires)), mais je peux néanmoins déclarer que la mise en scène des scènes d'action de White House Down est illisible et ce malgré le fait que la plupart des plans ne sont pas ultra serrés et permettent d'apprécier l'action... Pendant environ 12 centièmes de secondes ! Car oui, les scènes de combat et de fusillades finissent vite par être tout d'abord redondantes mais surtout extrèmement énervantes puisqu'on a l'impression que Roland Emmerich n'a fait aucune vérification sur le travail de son monteur et que ce même monteur est un adolescent en crises d'hémorroïdes qui a assemblé les plans du film à la va-vite parce qu'il était en manque de sites pour adultes et qu'il pouvait pas y allez avant de finir de "travailler" (mes mises en images sont de plus en plus... Etranges...).

Parce que oui, c'est vraiment génial les plans un peu plus larges que d'habitude, mais ce qui serait bien c'est qu'on arrête aussi de les combiner avec les jump-cuts qui finissent par totalement brouiller la vision du lieu de l'action et même de l'action, puisque les plans changeant assez souvent d'unité et étant très courts, on n'arrive de moins en moins à distinguer ce qu'il se passe. Un exemple concret, la scène de la limousine à l'extérieur de la maison blanche ; les plans s'enchaînent ainsi anarchiquement, en montrant un tank à l'extérieur des grilles de la maison blanche, l'intérieur de la limousine, la voiture qui la poursuit, un plan d'ensemble, puis un plan sur le tank... On finit par ne même plus essayer de profiter de l'action, car encore faudrait-il que ce soit de la bonne action qu'on nous offre sous nos yeux dubitatifs et fatigués par ce montage assomant et parresseux.

Mais avant de parler de ça, comprenez bien : je ne critique pas ici la technique elle-même du jump-cut, qui s'il est utilisée à bon-escient peut au final donner un véritable rythme presque musical à une séquence (car oui si vous faites des plans de 2 secondes tout le film, vous avez raté beaucoup de coches), c'est un peu comme le rap donc, s'il y a un véritable punch, un rythme dans le jeu des mots ainsi qu'une bonne orchestration ça peut presque devenir de la bonne musique (oui, je ne suis pas un grand admirateur de rap disons-le) ; mais le fait est que dans White House Down, elle est extrèmement mal utilisée. Je vais paraître assez négatif mais je dois bien dire que quand je vois ça, je n'arrive pas à croire qu'il s'agit de l'oeuvre d'un bon cinéaste, même ratée, et donc quand j'entend certains me dire que Roland Emmerich est un bon réalisateur martyrisé, je ne le crois pas, car quand je vois White House Down, je vois... Rien. Justement, je vois rien. Il y a trop de jumpcuts. C'est chiant. Ce qui est chiant, c'est aussi qu'à défaut d'être un bon cinéaste, je n'ai même plus l'impression que Roland soit un bon entertainer...

Les séquences d'action ne semblent en effet n'avoir qu'une idée pour essayer de nous faire plaisir : des débris de balles. Bah oui, c'est vrai que c'est bien les débris de balles. Dans le troisième acte de Matrix c'était cool, c'était jouissif et c'était une des meilleures fusillades de l'histoire du cinéma. Sauf que là c'est pas Matrix. Et donc voir pendant toute la première partie du film des séquences qui consistent en gros à Channing Tatum qui tire sur des mecs avec des débris de balles (remarquez que je ne dis pas "trous de balles" pour éviter les confusions), des jumpcuts et le président en Nike, c'est particulièrement pitoyable, et ce même si le réalisateur tente d'aller dans l'escalade en ajoutant des lances-roquettes, des hélicos, des missiles, exhibant par là une des autres failles de WHD : BON DIEU QUE C'EST MOCHE... Le film est tombé dans ce que j'appelle le "syndrôme X-Men Le Commencement (qui était une merde (c'est rapide comme avis mais c'est ainsi))", qui non seulement fait mal aux yeux des spectateurs mais surtout témoigne d'un très grand manque de soin, je parle bien des CGI DEGUEULASSES... Car oui, monsieur Roland Emmerich, quand on a autant d'argent, on peut quand même se permettre de payer des véritables hélicoptères, ou je sais pas moi, UN VERITABLE ECUREUIL AU LIEU DE TOUT FAIRE DANS DES IMAGES DE SYNTHESES AUSSI LAIDES !!!!!

Comme X-Men Le Commencement donc, ce qu'on nous offre comme "effets spéciaux" ressemble plus à la diharrée d'un buveur de jus de pomme qu'à un véritable travail, et renforce d'autant plus l'impression qu'on regarde une série B des années 90, qui, quoique la sensation n'est pas totalement désagréable vu que le charme y est, n'est pas forcément ce à quoi l'on pourrait s'attendre en regardant le nouveau blockbuster gros budget d'un réalisateur un peu trop défendu...

Pour finir dans cette partie "je me plains parce que c'est nul", citons un dernier désavantage que nous offre avec une extrême gentillesse la mise en scène de Roland Emmerich : la frustration. Car, après tout, pourquoi allez-vous voir ce film ? Pour contempler l'odyssée de personnages lisses comme une anorexique écrasée sous un 4 tonnes ? Pour voir des zombies ? Non, pour des explosions ! Ah, ça c'est sur que vous allez en voir, remarquez néanmoins que dès que quelque chose explose, on voit à peine la chose que Emmerich coupe vers un flash télé filmant de loin à quel point cette explosion était incroyable, ou sur une scène totalement différente... Oui, le long-métrage se moque de vous. C'est drôle pour lui. Pas pour vous. Un peu comme dans mes critiques en fait...

 

Channing Willis et Barack Foxx

 

Bon, allez, on attaque (déjà...) les derniers paragraphes où je vais parler (un tout petit peu) du casting et enfin de la raison pour laquelle je ne considèrerai pas ce long-métrage comme une merde infinie, malgré la bonne impression que je vous en ai faite jusqu'ici... Ca sera compliqué mais, bon, carpe diem...

Les plus remarqués du casting sont bien évidemment Jamie Foxx (ex-Django), interprétant le président je-m'en-fous-du-nom-à-partir-du-moment-où-il-n'y-a-pas-de-personnage, en profitant pour faire sa meilleure imitation d'Obama en interprétant un homme de pouvoir cool et bienveillant ; et Channing Tatum (ex-strip-teaseur (c'est sérieux)) qui interprète un père divorcé qui va refaire les liens avec sa fille (non, ça ressemble pas à Die Hard... Ca ressemble à Die Hard 4 !). Si une once d'alchimie se forme entre les deux, c'est surtout dû aux acteurs qui font ce qu'ils peuvent, face à un script qui ne leur permet clairement pas de développer un véritable duo. D'ailleurs, à tout ceux qui le disent, NON, CE N'EST PAS UN BUDDY-MOVIE ! Le concept de ce sous-genre ultra-représenté dans les comédies d'action américaines est de lier deux personnages totalement opposés l'un à l'autre pour tirer des situations comiques ainsi qu'un véritable duo en fin de film. Cela ne s'applique pas à WHD tout d'abord parce que rien ne se forme entre les deux personnages principaux, et de plus parce que dès que Channing Tatum se met à tirer sur des méchants à leur première rencontre, le président se met à suivre aveuglément son garde du corps improvisé sans poser aucune question, Tatum pourrait se mettre à le violer sur place qu'il n'aurait pas plus de doute (remarquez que je retenais un peu mon language avant la deuxième partie...). Il n'y a aucun véritable conflit entre les deux. Et ça serait acceptable si au moins il y avait une véritable alchimie à la place.

Au niveau du reste du casting il est plutôt bien fourni, malgré des terroristes très caricaturaux, pas dans leur nationalité (le film joue un peu là-dessus), mais bien dans leurs personnalités, avec le chef de groupe qui veut trucider à tout prix le héros pour venger la mort d'un coéquipier (non, ça ne ressemble pas au premier Die Hard, ça ressemble à Piège De Cristal !), le psychopathe qui essaye de l'être mais qui l'est pas trop, le cerveau de l'équipe qui est un stéréotype minable entre une copie du Gary Oldman de Léon (ouais, il écoute de la musique classique... Et... Alors ?) et un gars qui essaye d'être drôle mais ne l'est pas... Un peu comme moi... En plus il prend des sucettes. On remarquera enfin qu'un acteur qui jouait un des frères Bondurant dans Des Hommes Sans Loi (aussi aperçu dans Gatsby (c'est celui qui tue Gatsby à la fin (... Oups !))), Jason Clarke, joue ici ce qu'on pourrait considérer comme le chef de groupe des terroristes. Malheureusement l'acteur n'est pas très remarquable ici, normal après tout puisqu'on ne lui donne rien entre les mains pour se débrouiller et livrer un bon jeu.

Dans toute cette équipe je ne retiendrai donc pas grand monde, à part peut-être Maggie Gylenhall, toujours agréable dans ses films.

 

comme vous pouvez le voir ci-dessus Maggie Gylenhall est restée toujours aussi belle et jeune

 

Mais là, il faut bien que je vous dise une dernière chose : pourquoi ce White House Down ne récolte-t-il pas d'office un 0 après tout ce que j'ai pu dire ? Eh bien c'est tout simplement à cause d'un certain charme que j'avais cité précédemment : c'est un film très très mal exécuté, mais je me suis surpris à vouloir savoir ce qu'il me réservait séquence après séquence, et même si je fus souvent déçu, je peux considérer comme un bon point. C'est ainsi qu'on suit avec un tout petit plaisir ce scénario invraisemblable qui en utilisant comme dit plus haut une petite escalade dans les enjeux en vient à titiller la 3ème guerre mondiale avec bien sur un petit bouton rouge rangé dans un tiroir permettant de faire exploser la moitié du monde. Ajoutons aussi à cela des invraisemblances plutôt grosses : des centaines de personnes sont mortes avec un avion qui s'est écrasé-mais-on-s'en-fout-à-la-fin-le-héros-tue-le-méchant ou encore une vidéo youtube, filmée par une petite fille pendant une attaque terrorriste, qui obtient 700 Millions de vues en une journée ! Bon, d'accord c'est une attaque terroriste dans la maison blanche, mais quand même, si même un gars déguisé en renard qui chante des inepties n'atteint pas le milliard en une semaine, une vidéo d'une prise en otage n'intéressera personne sur youtube... Vous voyez tout de même que je commence sacrément à partir en vrille donc finissons : si White House Down est raté, il a réussi à trouver un petit charme de rien du tout mais qui reste agréable dans le suivi de l'histoire et de l'action pendant 2h12.

Donc, oui, Roland Emmerich est donc un très bon réalisateur et  un excellent entertainer ! Non, je rigole, il fait toujours de la merde.

 

Conclusion

 

Un certain charme le sauve du néant de la médiocrité, mais White House Down reste un blockbuster chocolat parmi des dizaines d'autres, écrasé par une concurrence plus maîtrisée, plus jouissive et plus belle à regarder : ça fond dans la bouche, ça fait votre plaisir pendant une seconde, et puis ça retourne assez vite là où ça devrait être : aux toilettes.

En plus, le chocolat écrasé, c'est vraiment pas bon...

NOTE : 1,25/5

FLOP FLOP FLOP

Rédigé par Vivien-Benmouffek

Publié dans #Sorties Ciné, #Dans le Magnéto

Repost 0
Commenter cet article

Hunter Arrow 02/02/2014 00:43

Ah la maladie du "surcutage" des scènes d'actions... Je pense que je vais faire une journée d'action contre cette affliction dont semblent être touchés 90% des réalisateurs de films d'action d'Hollywood... ou alors il y a un manque évident de créativité. Parce que oui, une scène d'action ce n'est pas juste PAN PAN BOUM BOUM, c'est une chorégraphie, une progression dans son évolution mais aussi des enjeux... En gros, faites sortir McTiernan de taule afin qu'il montre comment on fait ça !

mr-edward 02/04/2014 19:02

Bien entendu.

Hunter Arrow 02/04/2014 18:41

Ouais mais si il nous ressort un nouveau Die Hard 3, personne ne chiera dessus.

mr-edward 03/02/2014 12:38

Sauf si c'est pour nous faire comme "Rollerball"

yoyo114 19/10/2013 10:46

J'adore, j'adore. Une bonne tranche de rire façon Hunter Arrow et ses culte de la médiocrité.