CHARLIE COUNTRYMAN, La Critique En Avance (ou presque...)

Publié le par Vivien-Benmouffek DE RETOUR

Oui, je suis plutôt au courant, cette critique est un peu en avance puisque ce film plus ou moins attendu de Frederik Bond (qui est le talentueux réalisateur de rien du tout) est censé sortir en France le 14 Mai 2014.

Et non, la réponse à ce mystère n'est pas que ma ville dont les deux seuls cinémas en VO sont d'obscurs trucs d'art et d'essai ait été le choix idéal pour l'avant-première d'un film déjà sorti il y a 8 mois aux Etats-Unis (et qui a été projeté il y a plus d'un ans au Festival de Sundance), je ne pense pas, mais elle tient au contraire dans le fait que Charlie Countryman est un long-métrage tellement perdu dans ses idées, dans ses partis pris et ses choix de genre qu'au final je pense que le réalisateur a totalement abandonné toute perspective d'encore protéger son film, qui a été un échec critique et artistique, rapidement disponible sur Internet en HD et en VOSTFR plusieurs mois avant sa sortie francophone plutôt absurde.

[OUI, J'AI FAIT UN PACTE AVEC LE DIABLE, JE SAIS, MAIS OUBLIEZ CE DETAIL ET DITES-VOUS QUE CA VOUS CHANGERA DES CRITIQUES "CINEMA" DE YOYO FAITES A LA SORTIE DVD DU FILM, OU MEME PLUS TARD]

INTRODUCTION (Concept et Contexte)

 

Je dois bien vous avouer que pour mon grand retour sur ce blog, je voulais, pour une fois, faire comme les autres avec une première partie "Contexte" avec plein de mots en rouge et tout, mais comme très souvent je me retrouve malheureusement face au mauvais film, au mauvais moment.

Parce que oui, Charlie Countryman n'a pas de contexte, il ne sort de nulle part si ce n'est du postérieur poilu de Frederik Bond, un mec qui, comme une majorité de réalisateurs ultra-esthétisants et indépendants qui passent à Sundance et parlent souvent majoritairement de drogues et de filles de joie en Roumanie, travaillait antérieurement pour des clips, ce qui explique ainsi le rythme joyeusement barré du film et son énergie visuelle qui fuse de toute part, tout en donnant une importance primordiale à la musique.

Bref, un réalisateur qui s'est imposé à l'improviste dans un projet dont le titre original, "The Necessary Death Of Charlie Countryman", écourté en France à Charlie Countryman, parce qu'en France on n'aime pas les titres qui excèdent les dix syllabes (même si on rajoute quand même des sous-titres inutiles partout), résume tout ce côté improviste. Parce que oui, ce titre est cool, oui, ça attise la curiosité du spectateur, surtout quand il voit une affiche avec un Shia LaBeouf qui se néglige et des néons partout, mais au final, quand on assiste au visionnage du film, il n'a pas vraiment de sens, que ce soit dans la partie "Necessary", ou dans la partie "Death". Peut-être que je commence à chipoter, mais ce que je veux dire par là, c'est que ce choix de titre résume au final tout le problème du film, qui se perd dans ses tentatives d'Upra-Originalité-mon-film-est-inclassable-t'as-vu-? qui au final finissent par gâcher le potentiel présent qu'on pouvait déceler dans le long-métrage, dont toute la partie Thriller, concentré dans le titre par "The Necessary Death" (si le personnage n'a pas de menace de mort, il n'y pas d'intrigue policière) aurait dû laisser beaucoup plus de place au reste, toute la partie qui tourne autour du personnage principal, "Charlie Countryman". Et là on en vient donc à la grande question à laquelle je vais tenter de répondre dans cette intro :

 

Mais qu'est-ce que c'est que ce film ???

Et là on en vient donc à la partie très drôle pour moi parce que réussir à résumer le concept du film c'est quand même pas une mince affaire. Donc imaginez qu'il y ait un scénariste qui s'invite dans votre piteux appartement que votre grand-mère vous a légué avant de s'en aller à Las Vegas. Après avoir violé votre femme et vos enfants, ce scénariste décide de vous donner quelques concepts de films très intéressants et pouvant donner lieu à une très belle exploitation qu'il a imaginé :

(le scénariste)

-Ok, donc j'ai imaginé un truc, c'est l'histoire d'un mec qui a perdu sa mère et découvre qu'il peut parler aux morts, et il décide ainsi d'accomplir leurs derniers souhaits, du genre un père qui veut juste dire à sa fille qu'il l'aime.

(vous)

-Ouais, je trouve ça intéressant, c'est pas mal, ça pourrait devenir un petit film fantastique élégant et plutôt émouvant. Par contre, tu pourrais me détacher, parce qu'être assis nu sur une chaise trouée pendant que ton compère me viole allègrement, c'est pas très confortable... Et ça me rappelle un peu trop le moment le plus douloureux de toute la saga James Bond...

-Une seconde, j'ai un autre projet, c'est à propos d'un mec un peu paumé dans la vie, sa mère lui dit d'aller à Bucharest en Roumanie, et alors que tout le monde pense qu'en fait il devrait aller à Budapest (où il y a de très beaux hotels apparemment), il y va quand même et s'amuse bien avec des potes, de la drogue, des putes, et il y a même un moment assez marrant où il y a un mec qui a pris trop de viagra, et donc pour pas que sa bite explose il va voir des prostituées et puis voilà.

-Ok, c'est pas mal, un peu cliché sur la Roumanie, mais ça peut devenir une comédie bien fun, surtout si on prend un acteur d'Harry Potter et un autre de Transformers qui veulent s'acheter une nouvelle crédibilité dans le cinéma mature !

-Un autre de mes scénarios encore parle d'un mec qui tombe amoureux d'une fille sublime mais qui doit malheureusement s'attaquer à son actuel petit copain, qui est un gangster qui tue des gens, et voilà.

-Pas mal aussi, ça peut devenir un thriller assez sympa et violent, par contre je commence à avoir un peu mal aux fesses maintenant...

-Ou alors je pourrais raconter l'histoire d'un mec un peu paumé dans la vie qui est marqué par la mort de sa mère, et découvrant par la même occasion qu'il peut parler aux morts il embarque sous ses conseils dans un avion pour Bucharest en Roumanie dans lequel il rencontre un mec avec lequel il se lie d'amitié mais qui meurt et lui dit donc après sa mort de dire à sa fille qu'il l'aime énormément (mais en roumain donc si ça se trouve il lui a dit "j'aimerais te baiser tous les soirs"), ce qu'il fait en tombant amoureux de ladite fille qu'il tentera de conquérir en s'attaquant à son actuel petit copain gangster qui tue des gens, tout de même après avoir bien profité de la ville et de son atmosphère en se droguant et en allant voir les putes avec ses nouveaux potes dont un qui a pris trop de viagra et qui a peur que sa bite explose dans une situation assez cocasse pour un acteur roux d'Harry Potter et voilà. 

-Ok, j'appelle la police.

A ce moment-là le scénariste vous tue [la suite de cette blague ne correspond pas à la charte du blog, car celle-ci étant de très mauvais goût, voire carément immonde, signé mr-edward].

Ce scénariste, il s'appelle Matt Drake sans être le frère du héros des jeux Uncharted, et vous l'aurez compris, il est parti dans tous les sens, même si j'ai un tout petit peu forcé le trait avec cette scénette. Sachez néanmoins que le dernier synopsis est un résumé très fidèle du film, et pour voir cela il n'y a qu'à lire la fiche Wikipédia du bousin qui commence directement par "The Necessary Death Of Charlie Countryman is a Romantic Comedy Thriller Action Movie"OK ON SE CALME. Et J'ai forcé le trait dans le sens où au final le film pouvait être bon, voire même très bon. Le problème, c'est qu'il fallait trouver un gars fou et talentueux pour le tourner, et Matt Drake a trouvé un mec qui n'a fait que des clips, et qui allait donner tous les défauts d'un premier film à Charlie Countryman.

Et encore, la question principale se pose finalement dans la sortie française du bousin, qui paraît au choix saugrenue et au choix totalement suicidaire, vu que le film a eu déjà une sortie très limitée aux Etats-Unis (et en gros n'a quasiment rien rapporté d'un budget de toute façon inconnu), et se clipse de façon hasardeuse entre deux très grosses sorties de ce mois de Mai et même de 2014 : le nouveau Godzilla (qui sort à la même date le 14 Mai) et le nouveau X-Men (qui quant à lui sort la semaine d'après, juste au cas où le film voudrait se rattraper sur la deuxième semaine...). Et bien évidemment la sortie au même moment du Drame Gay Ligne D'eau (critique prochainement par William) et du documentaire sur Michael Haneke va l'achever. Mais trêve de conneries, en clair, je ne donne vraiment pas cher de la peau de ce film pour son étrange sortie française, même au niveau de sa réception critique, puisque si les spectateurs ont l'air de se refiler un plutôt bon bouche-à-oreille à propos de l'oeuvre, les premières critiques presse ne sont pas fameuses. Pour moi, le film aurait plus fait l'affaire d'un Direct-To-Video très bien produit qu'une sortie dans l'Hexagone... Mais bref, cette introduction n'a que trop duré maintenant. N'empêche que ça c'est mon Joe, c'est le forfait mobile que je me suis créé.

Donc voilà, au final toute cette intro ne sert qu'à vous exprimer à quel point ce film est paumé dans ses idées, paumé dans ses sorties, et au final tout aussi paumé que son acteur principal dans l'actualité qui entoure la sortie française du film.

 

Un dernier mot pour Shia LaBeouf

Shia LaBeouf, face à toutes les critiques...

Eh oui, Shia LaBeouf, que fais-tu, où vas-tu ? Tu n'as jamais été un mauvais acteur, tu as juste eu de mauvais personnages dans Transformers dans lequel je voulais bien te faire manger tes testicules, ou dans Indiana Jones 4, dans lequel la plupart des gens voulait bien te faire manger tes testicules, aussi bien qu'à Spielberg et à Lucas

Car oui, au final il est important de noter que cet acteur, avec les choix de carrière extrêmement intéressants qu'il a su faire ces dernières années, a su me confirmer qu'il savait faire de très belles choses, même avec sa tête de con, et a aussi su travailler pour des réalisateurs de plus en plus indépendants, allant même jusqu'à tourner pour Lars Von Trier dans son fameux Nymphomaniac, dont je n'ai pu voir que le 1er Volume au cinéma (ce qui fut une expérience plutôt intéressante, entouré de vieilles personnes qui me regardaientt en rigolant), et qui se débrouillait plutôt bien pour un rôle aussi "risqué" pour son image (et qui a apparemment fait rompre sa petite amie de l'époque, qui n'a peut-être pas supporté le voir même truqué dans les plans les plus explicites de pénétrations ou masturbations du film). Mais ce n'était pas vraiment un grand problème pour lui puisque l'acteur s'est apparemment bien plu ces derniers temps à risquer son image, en se plongeant assez dangereusement dans ses rôles (il a par exemple pris beaucoup d'acide pendant le tournage de Charlie Countryman, ce qui l'a inspiré pour le personnage. Mouais) et en s'affichant en tant qu'acteur nouvellement inspiré dans ses projets ou simplement en tant que grosse tête de con, ça dépend des gens.

Et pour le coup, je n'ai pas vraiment suivi toute la polémique qui l'a entouré avec l'affaire des copiages et des trucs et des machins (voilà, toujours autant de vocabulaire), mais il a quelque peu pété les plombs et décidé de mettre un stop à sa carrière publique, qui je l'espère sera reconsidéré plus tard. N'empêche qu'aller s'exposer avec un sac en plastique avec écrit "I'm Not Famous Anymore" sur la tête, ça va chercher un peu loin tout de même... En tout cas, évidemment que pour lui tourner dans un film aussi étrange et risqué que Charlie Countryman, surtout que pour le coup il a remplacé Zac Efron (oups, j'ai vomi dans ma bouche), était un très bon plan, pour se plonger dans un long-métrage atypique mais qui emporte malheureusement l'acteur dans la même perdition que celle du scénariste et du réalisateur de clips. Et en plus, BINGO ! Il avait justement déjà joué dans un clip réalisé sous drogues illicites dans lequel il se mettait totalement à nu et... Mangeait des sucettes hallucinatoires électrifiées avec deux hommes étranges pour s'imaginer dans une voiture dans l'eau. Néanmoins, le clip est assez beau et a un sens, quelque part. Dans mon postérieur. En tout cas dans Charlie Countryman l'acteur semble encore plus perdu...

Parce que le problème quand on joue dans un film où tout le monde est un peu en roue libre, c'est qu'on finit par se mélanger aussi les pinceaux et se perdre. Ainsi, Shia LaBeouf n'est pas forcément mauvais dans le film, mais on sent bien qu'il ne sait pas trop ce qu'il fait. Et en fait, je l'attends beaucoup, le moment où Shia LaBeouf saura véritablement et exactement ce qu'il fait, parce que quand on ne sait pas ce qu'on fait, on finit par faire Charlie Countryman. Et est-ce une bonne chose de faire Charlie Countryman ?

 

Voilà une très belle amorce pour enfin s'attaquer au verdict, et il y a peut-être encore du suspense, parce que malgré mon cynisme, peut-être qu'en fait le long-métrage est un chef d'oeuvre et le meilleur film de l'année ! (SPOILERS : non).

 

LE VERDICT

CHARLIE COUNTRYMAN, La Critique En Avance (ou presque...)

Donc, oui, je peux le dire tout de suite, même si vous l'aviez surement déjà deviné depuis longtemps : je trouve le film très moyen dans un sens, et dans l'autre je le trouve assez atypique et intéressant pour vous conseiller de le regarder quand même et vous faire votre propre avis, si vous en avez un à exprimer ; et même si vous n'en avez aucun, c'est une chose que je peux aisément comprendre puisque Charlie Countryman n'est pas vraiment très simple à traiter, en tout cas il est beaucoup plus complexe de vraiment voir ce qui va ou ne va pas que de simplement se référer à la moyenne de 27% assez moyenne que lui donne RottenTomatoes (c'est-à-dire 2 points de moins que Kick-Ass 2, PUTAIN).

Et donc non, le film ne vaut très certainement pas 27%, il vaut plutôt dans les 40%/50% puisqu'objectivement, le film n'est pas raté, il est, disons, à moitié réussi.

Ainsi, toute cette partie se construira d'une façon assez simple et ludique pour me faire comprendre de tous les petits enfants qui me lisent, elle consistera en effet à vous dire tout d'abord pourquoi il y a des chances de plutôt bien apprécier ce long-métrage et pourquoi il ne vaut pas non plus un bashage total, et ensuite en second lieu pourquoi il n'a pas du tout marché avec moi, et surtout quelles sont ses véritables fautes de goût qui ternissent un visionnage très coloré. Et vu que maintenant j'ai à peu près posé toutes les bases dans mon introduction, ça devrait être assez rapide...

 

Donc quel est le potentiel du film ?

(bonjour)

Il se trouve en réalité dans l'énergie et la bouffée d'air frais que Frederik Bond vous offre gentiment alors que vous alliez plutôt vous tourner vers la nouvelle utilisation d'un monstre japonais qui a maintenant bien plus d'un demi-siècle ou vers la énième réitération d'une saga super-héroïque chorale dont la chronologie vous échappe doucement.

Eh oui, c'est clair que des films commCharlie Countryman, il n'y en a pas à chaque coin de rue (rappelez-moi de ne pas réutiliser ce genre d'expression), contrairement aux prostituées en Roumanie (voilà pourquoi), et le long-métrage, après une introduction assez étonnante et très haute en couleur où l'on voit l'apparente exécution d'un Shia Labeouf le visage en sang et tout barbu, provoque dans sa première demi-heure une sensation très agréable : on est assez interloqué, légèrement intrigué, et surtout on ne sait pas du tout où ça va aller et on suit donc avec quelques espérances les péripéties de l'introduction du film, c'est-à-dire toute la partie qui mènera le personnage à s'installer en Roumanie où il y trouvera Ron de Harry Potter qui prend beaucoup trop de viagra. Pourquoi pas. D'ailleurs, je pense aussi que l'appréciation que j'ai du film est beaucoup influencée par le fait que je n'avais lu absolument aucun synopsis ni aucune bande-annonce du long-métrage avant de voir la chose, d'autant plus que maintenant que j'ai pu en voir elles ont le vilain défaut de révéler ABSOLUMENT TOUTE L'INTRIGUE DU FILM !

Car la plus grande qualité du film se trouve bien dans la découverte de l'univers assez étrange que veut créer le scénario, une étrangeté qui tourne surtout autour du personnage de Charlie, qui semble doté de pouvoirs surnaturels (ne vous inquiétez, cet élément n'est ni expliqué, ni exploité, Youpi), et qui est exprimée par l'imagerie ultra-esthétisée du film : les couleurs fusent de partout, la musique planante est omniprésente et accompagne plutôt bien ces images qu'on croirait venues au monde après un trip sous des dizaines de drogues très illicites.

Et au final, la question de la réalisation et de la mise en scène sera surement ce qui divisera le plus les spectateurs, puisqu'au final elle fonctionne comme un clip : si on est au départ séduit par ces images irréelles, d'autant plus qu'elles commencent assez rapidement à nous montrer un univers Underground plutôt démonstratif (d'où cette scène où Shia Labeouf se plaît apparemment plutôt bien à planer très haut, nu et entouré de roumaines dans leur plus simple appareil), et aussi séduit par un montage très dynamique et des effets visuels hauts en couleur qui nous plongent dans cet univers dès les premières séquences où notre petit Charlie est le témoin des derniers instants de sa Maman, cette séduction finit pourtant rapidement par tourner à vide, puisque ce qui pourrait très bien marcher sur un court-métrage bien produit de 30-40 minutes, fatigue le spectateur sur un long-métrage de 1h50, qui doit installer des enjeux fixes à un moment ou à un autre, et qui n'est malheureusement pas très talentueux dans ce type d'exercice...

Et si vous aimez mes comparaisons tirées par les cheveux, on peut aussi voir Charlie Countryman comme une petite visite à la fête foraine : au départ c'est très bien, il y a plein de couleurs et on ne sait pas où on va, mais à la fin on finit par vomir tous ses intestins à se bourrer de sucreries, de barbes à papa et en enchaînant d'une manière boulimique les manèges la tête en bas. Charmant.

 Enfin bon, je me rends compte que je suis quand même censé vous donner le véritable potentiel et les véritables qualités du film et je me rends compte que je n'ai déjà plus d'arguments pour cette partie donc finissons-en rapidement : là où on voit que le film a du potentiel, c'est que surprenament il réussit à plutôt bien se débrouiller quand on prend séparément les genres auxquels il s'attaque, malgré UNE petite exception qui sera une très belle occasion de m'énerver dans la deuxième partie ; donc vous l'aurez compris, Charlie Countryman est un gros gloubi-boulga de plein de trucs qui semblent aléatoires mais qui en fait sont totalement balançoires. Ca ne veut rien dire, je sais.

Néanmoins, on peut séparer deux genres qui sont ici précisément ciblés par le long-métrage :

-Le Thriller D'Action/Aventures, qui concerne toute l'intrigue "policière" à propos du petit copain de la belle roumaine rousse (elle a donc toutes les qualités) dont s'éprend Charlie, ce petit copain qui est (censé être) un dangereux criminel ; mais ça on en reparlera plus tard les enfants parce que c'est pas vraiment super-glorieux, et donc ça n'a pas vraiment sa place dans cette partie...

-mais aussi La Comédie Romantique, qui réunit ainsi l'intrigue amoureuse entre Charlie et Gabi (vous venez d'apprendre son nom, je sais), qui joue du violoncelle et donc c'est cool, et aussi toute l'intrigue réunissant Charlie et ses "colocataires" qui aiment bien profiter de la vie, dont un Rupert Grint (c'est lui, Ron) plutôt réjouissant ; et assez étonnament je trouve que ces deux intrigues sont loin d'être ratées, à défaut d'être véritablement fouillées ou exploitées. En effet, j'ai eu la surprise de voir que par exemple quelques scènes avec les copains de Charlie sont assez marrantes, comme ce mini-débat où les personnages se questionnent sur la crédibilité de la menace d'un videur de leur écrire son nom dans le cul. Pas très subtil mais marrant. De même, toute l'alchimie qui se crée entre le protagoniste, qui comme dans tous les rôles de Shia Labeouf arrive à être en même temps un peu embarrassant mais plutôt bon dans l'art d'avoir de très belles copines, et sa dulcinée, de même que celle créée par l'ambiance de la ville et la façon dont elle est traitée, est à défaut d'être parfaite jamais risible.

Il y a donc bien quelques très bonnes choses qui ressortent du film, et qui me font dire qu'au final ce réalisateur n'est pas un tâcheron et pourrait faire de bonnes choses s'il savait se contrôler véritablement. 

On sent en effet par exemple des influences de Danny Boyle, dans tout ce traitement clipesque du long-métrage, mais le problème, c'est qu'il va trop dans le rentre-dedans avec ce style, et surtout, il fait durer son trip beaucoup trop longtemps. D'ailleurs, dans la continuation de l'évocation du cinéma de Danny Boyle, j'ai beau adorer Trainspotting et porter ce film tout particulièrement dans mon coeur, le réal' a eu raison de ne pas le faire durer plus longtemps que des bonnes 90 minutes de peloche ; en effet, le rythme assez barré du long-métrage qui enchaîne les scènes cultes, souvent avec une musique qui fait entièrement partie de l'impact de la séquence (cf la magnifique scène d'overdose sous la non moins magnifique chanson "A Perfect Day" de Lou Reed, ou alors toute la bande-son électro entêtante de la traumatisante scène de soeuvrage...), pourrait devenir exténuant si le film avait duré dans les 2 heures, en conservant le même rythme bien entendu, parce que je suis sûr que si Danny Boyle remontait le film avec cette durée, il ajouterait beaucoup plus de moments plus posés, comme il y en a déjà dans le film, d'ailleurs.

Rebonjour !

Rebonjour !

Le problème avec Charlie Countryman, c'est donc que non seulement il ne prend jamais le temps de vraiment nous reposer, et a ainsi du mal à développer quelconque intrigue intimiste (un problème assez embêtant pour un film romantique), mais en plus se veut être un Thriller nerveux, et la manière dont il a totalement raté le coche sur ce niveau est peut-être ce qui m'a fait quitter le film, pour ma part, alors que je pensais en regardant la première heure, avec quelques doutes tout de même, que le réalisateur allait malgré tout se débrouiller convenablement jusqu'à la fin. 

Il faut dire qu'il est plutôt bien assisté par une distribution décente qui quant à elle se débrouille vraiment : entre un Shia Labeouf dont j'ai déjà parlé, un Rupert Grint presque convainquant (il faut dire qu'il apparaît dans bien trop peu de scènes pour qu'on le remarque vraiment), il y a aussi Mads Mikkelsen, qui joue Nigel, le compagnon plutôt dangereux de Gabi ; on sait pas trop ce que le grand Mads fout là-dedans entre deux frottages de fesses avec Daniel Craig, mais il y est, et, même si son rôle est parfaitement ridicule et jamais vraiment menaçant, même s'il essaye, il ressort quand même du film parce qu'il est sûr de lui, au moins. Je veux dire, il fait ce qu'il veut. C'est un homme. Il est libre. Ces trois dernières phrases sont totalement inutiles et marquent très bien la fin de cette partie pour moi.

(ça faisait longtemps)

Donc voilà, pour résumer ce film pourrait vous plaire si comme Hunter vous êtes fatigué des blockbusters et que vous voulez voir un OVNI, avec beaucoup de femmes toutes nues et "gabardineuses", un peu bancal et mal foutu mais rafraîchissant quand même, à voir surtout si vous n'avez vu absolument aucun extrait ou bande-annonce qui pourrait gâcher les multiples surprises, bonnes ou mauvaises, que vous réserve le visionnage.

Par contre, si vous n'aimez pas du tout ce style de film, vous n'allez surement pas adhérer, parce qu'en plus d'être clipesque et un peu trop en "partage-en-couilles-j'ai-pris-trop-de-drogues-aidez-moi-je-meurs", Charlie Countryman possède de très nombreux défauts et les voici pour vous...

 

Ce qui ne va pas avec Charlie Countryman et qui m'a fait rapidement réaliser que je n'allais peut-être pas vraiment apprécier le film (ce qui a été le cas)

Bon, cette fois-ci je vais vraiment (essayer de) le faire rapidement parce que descendre un film comme je l'avais fait avec White House Down n'est vraiment pas mon exercice favori, notamment parce que ça me fait passer pour un rageux qui rejette autant les blockbusters calibrés que les petites curiosités cinématographiques mal foutues et qui s'énerve pour rien. N'empêche que Charlie Countryman possède des fautes que je ne peux pas excuser, même si comme vous le savez je suis le nounours le plus gentil du monde.

En effet, ce qui ne va pas avec ce film ne tient pas seulement à l'argument du "il-y-a-trop-de-choses-c'est-n'importe-quoi", même si vous devez penser à ce niveau que c'est mon seul reproche contre ce long-métrage ; en réalité, dans un sens vous n'avez peut-être pas tort puisque c'est la source de tous les problèmes du film qui a fait perdre les pédales à Frederik Bond, donc autant l'expliciter : le scénariste n'aurait pas dû mettre autant d'éléments dans le film, parce qu'on voit très clairement que le réalisateur galère à rendre le tout homogène et cohérent ; la conséquence en est qu'au final un nombre énorme de pistes et d'intrigues ne sont jamais exploitées.

Par exemple, même si j'avoue bien apprécier la présence des deux potes de Charlie, ils ne sont jamais exploités que comme la caution "humour" d'un film qui en avait peut-être besoin mais aurait pu beaucoup mieux l'utiliser. En fait, tout semble un peu trop séparé dans le film (c'est un peu ce qui m'a motivé à littéralement séparer les deux directions que prend le long-métrage précédemment), et donc rien ne s'assemble (wawh, merci beaucoup Captain Obvious), ce qui devient un problème à partir d'un certain moment dans le film (je dois encore rajouter une parenthèse ici, parce que sinon je n'ai pas mon quota de parenthèses et les membres du blog ne me payent pas mes 2000€ du mois).

Parce que oui, il y a doit bien y avoir un moment où le scénario doit poser l'intrigue de son film après avoir installé un enjeu et un conflit. Ce conflit se passe donc logiquement entre Shia Labeouf et Mads Mikkelsen, et fait donc entrer toutes les parties du film (comédie, romance...) dans une direction de Thriller et de film d'Aventures. Et là, ça ne marche pas. Le réalisateur tente d'insérer de la violence brutale et un peu de sexe explicite, mais ça ne marche pas. Parce qu'à partir de ce moment, on se rend compte que quand rien ne s'assemble, il n'y a aucun moyen de ressentir de la tension ou de l'attachement, surtout quand le réalisateur s'y prend comme un pied, parce que Frederik Bond ne sait pas faire un Thriller ; il sait peut-être faire un petit film bizarre et tourné comme un clip sur une romance en Roumanie, mais le fait est qu'il ne peut jamais nous faire entrer dans un truc violent et viscéral, surtout quand il fait s'intéragir les différentes pistes non fouillées du film. 

L'exemple le plus évocateur vient surtout dans une scène où les deux gugus drogués reviennent comme ça dans l'intrigue pour simplement servir de "eh-mais-regarde-on-peut-coller-des-gens-l'un-à-l'autre-c'est-super-menaçant" (encore une fois, je ne veux pas spoiler pour les gens qui veulent quand même voir le film donc je resterai très vague). Et enfin, c'est encore pire quand Frederik Bond essaye de faire un long-métrage d'action, quand on voit cette scène de course-poursuite à pied particulièrement ennuyeuse où le seul procédé du réalisateur est de mettre une musique électro entraînante pour faire une scène entraînante. Alors oui, je dois bien dire que je n'ai jamais été fan des course-poursuites à pied dans des films, mais ça aurait quand même pu être mieux.

Donc en fait, c'est étrange, parce que je pense que la plupart des gens qui sont allés voir le film après avoir vu la bande-annonce y sont allés justement pour cette partie Thriller alors qu'elle est totalement ratée. Mais n'empêche que je vais excuser Frederik Bond quand même sur un point, parce que je pense que ce qui a vraiment créé la merde vient du scénario, de Matt Drake, qui fait de Mads Mikkelsen le gangster le plus ridicule que j'ai vu depuis longtemps, vu que sa seule caractérisation criminelle est qu'il tue des gens. C'est tout. On ne sait pas pourquoi, mais il y a une cassette où dedans on voit qu'il tue des gens. Et voilà, tu fais un personnage de gangster avec ça ; pour le coup, j'en viens presque à plaindre Frederik Bond pour essayer de bien mettre en image un Mads Mikkelsen que je plains aussi par ailleurs.

En fait, on dirait presque un film écrit par un enfant (ce que la fin particulièrement mielleuse et merdique a l'air de me confirmer) qui a demandé à un réalisateur qui fait des clips de rajouter un peu de violence et de contenu tendancieux dedans parce que j'imagine que c'est cool, même si ça jure complètement avec l'atmosphère plutôt naïve et candide du film, qui aurait pu rester un OVNI romantique innocent. Ca ne rentre pas non plus dans la vulgarité pourtant, mais voilà, il y a un problème.

Je pense par exemple à une mini-polémique qui s'était créée avec le comité de censure américain qui voulait supprimer un plan de la scène de sexe (parce qu'il en fallait bien une) où Charlie est supposé "stimuler oralement" (il faut quand même que je reste tous public pour les enfants) sa partenaire Gabi. L'actrice qui l'interprète, Evan Rachel Wood s'était alors exprimée d'une façon assez virulante sur cette décision, clamant que le cinéma américain n'accepte que la vision du plaisir des hommes et pas celui des femmes...etc.

Bon, je ne dis pas que je suis pas d'accord, c'est une très belle cause à défendre, mais je me demande donc en quoi le film avait BESOIN d'illustrer de façon explicite le sexe, jusqu'à même créer des polémiques à propos de ladite représentation de l'acte. Je veux dire, je veux bien quelques trucs un peu explicites dans Nymphomaniac de Lars Von Trier, déjà parce qu'après avoir vu Melancholia et Dancer In The Dark du même réalisateur je commence à connaître le mec et je sais qu'il ne lésine sur rien dans ses partis pris, mais aussi parce que c'est le sujet du film, qui en offrant au spectateur une overdose de sexe, finit par dégoûter du sexe en créant un trop, comme le personnage dans le film. Mais par contre, je trouve cela totalement inutile dans un film où, même s'il montre beaucoup de poitrines de prostituées, ne devrait pas filmer pareillement l'union entre les deux amoureux du film, ce qui semble ainsi indirectement plutôt irrespectueux, puisqu'au final l'actrice est filmée comme toutes les autres filles de joie roumaines. Est-ce que je vais trop loin ? DITES-LE MOI, HEIN ?

Je sais que je dérive avec les exemples, et encore, je parle de films qui ont quand même toujours un lien avec Charlie Countryman (les références du réalisateur avec le film Trainspotting de Danny Boyle, Shia Labeouf avec Nymphomaniac), soyez encore heureux que je me mette pas à philosopher en comparant le film à Kangourou Jack.

N'empêche que voilà, on dirait que le réalisateur a mis du sexe parce que voilà, c'est cool, c'est comme les gangsters qui tue des gens, les amis qui rigolent et prennent de la drogue, les délires fantastiques et la violence punchy, Ron de Harry Potter qui a pris trop de viagra, c'est cool tout ça.

-Peut-être que si on mélange tout ça, c'est encore plus cool, se dit le réalisateur.

-Oui mais non, lui dis-je, parce que quand on finit par tout faire d'une façon bancale, ça donne un film bancal et au final moyen et très pauvre malgré toute la richesse des genres et toute l'inventivité visuelle dont il pourrait faire preuve.

Un manège a beau avoir toutes les plus belles couleurs et lumières du monde, si un engrenage va dans un sens et un autre dans l'inverse, on finit rapidement le cerveau en purée sur la rue d'à côté.

En fait, plus je me plonge dans la critique engagée de ce film, plus je me rends compte que ce que j'avais dit 18 paragraphes plus tôt est bien vrai : vous pouvez apprécier Charlie Countryman, mais vous ne pouvez que reconnaître qu'il a absolument tous les défauts d'un premier film réalisé par un réalisateur aussi nerveux qu'un adolescent qui vient de découvrir la pornographie à libre accès sur Internet. Après on finit par faire n'importe quoi et on s'en fout partout. Oui, c'est le truc le plus dégueulasse que j'ai pu dire, mais je dois bien avouer qu'après les tirades engagées et les petits accès de colère et de folie schizophrènique aussi exagérée que la folie schizophrènique du scénariste du film, mon inspiration est fatiguée et tangue un peu trop vers les blagues et tournures de très mauvais goût. Mais sinon, est-ce que vous savez pourquoi les juifs ne mangent jamais de cassoulet ?

On va s'arrêter là, hein ? Ca serait mieux, je pense... Donc au final, je pense que Charlie Countryman avait un potentiel, et ne vaut TRES CERTAINEMENT pas moins qu'un Kick-Ass 2 où un tâcheron avait juste étalé sa merde sur un écran. Ici, c'est un peu plus complexe à traîter, parce que non seulement ça mélange plein de choses mais en plus il y a autant de bonnes choses que de choses plutôt affreuses qui finissent par ruiner un film qui a au moins le mérite de mettre sur le devant de la scène un réalisateur qui je l'espère saura mieux se contrôler dans les directions de l'intrigue, les ajouts inutiles et surtout dans les scénarios à tension. BON DIEU.

 

CONCLUSION

 

Charlie Countryman est définitivement un film intéressant à traiter, parce que même s'il s'éloigne le plus possible des calibres du cinéma grand public, c'est malheureusement son mélange asthmatique des genres et le côté beaucoup trop barré et exténuant de la réalisation clipesque qui rendent le film bancal dans ses partis pris enfantins et donc beaucoup moins appréciable.

Pour moi c'est même très très moyen, même si ça fait partie des films que je conseille parce que c'est assez atypique et assez mitigé pour qu'il y ait des gens qui aiment l'expérience.

Pas moi, évidemment.

(bravo, tu as compris la critique)

Publié dans Sorties Ciné

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Hunter Arrow 12/05/2014 20:21

J'ai lu. Ta critique est intéressante, la lecture est "divertissante" et vaut l'heure de lecture. Par contre des fois on sens que tu "tourne en rond" un petit peu et que finalement tu as un peu le même soucis que le film que tu traite. T'as des idées qui sont drôles, des comparaisons putain de bien trouvées par contre pour pouvoir les balancer tu finis par te répéter. Après c'est peut être que moi mais je trouve que lorsqu'on lit tes articles on ressent une écriture "vidéo", comme si tu pensais davantage tes critiques pour les mettre en vidéo que pour l'écrit. Mais ce n'est peut être que moi. Mais dans les faits c'est une bonne critique. Après comme le dis Edward, peut être les blagues scabreuses de trop... une ça va, deux ça va toujours, trois attention, quatre tu franchis la limite.

mr-edward 11/05/2014 23:04

Ton article est très bon, intéressant, mais souffre des mêmes problèmes de tes précédents articles : les blagues scabreuses qui annihilent la pertinence de certains de tes propos, des digressions qui donnent l'impression que tu tournes en rond.
Tu remarqueras sûrement qu'il y a une de tes "blagues" que j'ai supprimé et mis à la place un court texte explicatif, la raison que je la trouves particulièrement immonde et dérangeante, dans la partie "mais qu'est-ce que c'est que ce film ??".
Je n'ai pas demandé ton approbation pour le faire, pour la simple et bonne raison que, quoi que l'on te dise, tu n'écoutes pas et n'en fait qu'à ta tête (ou alors c'est juste pour moi, qu'importe), et ce n'est pas faute de t'avoir dit plusieurs fois que les blagues scabreuses déversent tes propos et ne sont pas toujours drôles (certaines sont aussi fines que la scène vomis-caca de Kick-Ass 2), donc au bout d'un moment, je mets en application ce que je trouve juste et j'explique pourquoi.