Tony Zhou : à la découverte d'un vidéomaker + Réflexions sur le film d'horreur

Publié le par William

En plus d'avoir un nom plutôt marrant, ce monsieur Zhou a une chaîne super intéressante. Les deux problèmes de celle-ci, et non des moindres, sont que :

- Elle est en anglais ;

- Elle est sur Viméo.

Après avoir sombré dans l'alcool pour me remettre de cette terrible dernière nouvelle, je suis allé découvrir lesdites vidéos. Et j'ai été très agréablement surpris.

Celles-ci explorent certains sujets précis, de manière détaillée et rapide (il faut compter 6-8 minutes pour une vidéo), que ce soit pour démonter la comédie américaine basique actuelle, pour démonter (comme une armoire Ikea, sisi représente) Michael Bay ou pour nous expliquer l'art du silence chez Scorsese.

Il n'a que 11 vidéos à son actif à l'instant où je publie cet article, mais vu la rapidité à laquelle il travaille (contrairement à moi lolilol), sa chaîne ne devrait pas tarder à s'étoffer. Si vous n'êtes pas allergiques à la langue de l'Electric Retard (n'allez pas chercher ça sur Google les enfants. Non, sérieusement, n'y allez pas), plus rien ne vous retient pour aller voir sa chaîne. Ah si, le lien. Le voilà :

Regardez cette vidéo si vous voulez pouvoir lire la suite de l'article.

Bon, je vous dérange encore pour quelques instants. mais j'aimerais faire un parallèle entre ce que dit M. Zhou dans la vidéo ci-dessus (c'est à dire la comédie américaine basique), et les films d'horreur actuels.

Ce que M. Zhou explique, c'est que la comédie américaine repose sur certains gimmicks qui rendent toutes les comédies prévisibles, alors qu'il y a tant d'autres éléments à exploiter (comme les gags visuels). C'est pareil pour les films dits d'horreur.

Les plus récents reposent énormément sur le principe du screamer, et sur les effets "instantanés"; surcharge d'effets sonores, installation d'une musique stressante (messieurs, prenez vos violons et montez les à fond dans les aigus... parfait), et j'en passe.

On n'installe plus une ambiance stressante tout au long du film, ce qui rend tout le visionnage digne d'intérêt, mais on passe simplement d'une phase de discussion / sexe à une phase stressante, ou la musique se lance ou s'arrête, ou l'on sait qu'il va se passer un truc stressant donc on a logiquement moins peur. Les réalisateurs structurent leurs films, nous disant ainsi à quoi nous attendre, et réduisant de ce fait la tension. Dommage.

C'est pour ça que j'ai kiffé Paranormal Activity, Rec, Rosemary's Baby ou Les Yeux de Julia. Ces films brisent certains codes du genre, ce qui les rend uniques et très intéressants à étudier.

Paranormal Activity installe un climat de tension tout au long du film, sans parler du système de caméra très bien exploité. Regardez plutôt cette vidéo qui en dit long sur la saga  :

Rec est tout simplement le premier (et le seul) film de zombies à m'avoir fait mouiller ma culotte (pas au sens propres, voyons !). Le système de caméra embarquée fonctionne à merveille grâce à une mise en scène intelligente; eh oui, tout le monde garde en mémoire la scène finale, véritable génie de mise en scène, qui vous aura empêché de dormir pendant trois jours. Allez, avouez.

Rosemary's baby n'est plus à présenter : le film de Roman Polanski mériterait un roman (eh oui, je fais des blagues aussi), mais je pourrais le résumer en une ambiance reposant sur de l'incompréhentsion, mêlée à la peur du surnaturel, plus suggéré pour une grande partie du film. Cette atmosphère de stress ambiant vous mettra mal à l'aise tout au long du film, vous faisant sombrer dans la folie en même temps que le personnage principal.

Les Yeux de julia repose sur le même principe d'ambiance, jouant sur le fait que le personnage principal ne puisse se servir de ses yeux durant la majeur partie du film. Petit bijou de mise en scène, je ne peux que le recommander pour les fans de cinéma d'horreur espagnol.

 

Ma réticence envers les films d'horreurs les plus courants ces temps-ci s'explique simplement. Faisons une liste de quelques films d'horreurs relativement connus :

- Halloween : Slasher movie --> Principe de screamer ;

- Massacre à la tronçonneuse : Idem ;

- Mirrors : Principe de screamer + gore ;

- Vendredi 13 : Slasher --> Screamers, gore.

 

On pourrait continuer longtemps comme ça, mais vous avez compris le principe.

 

C'est à peu près tout ce que j'ai à dire sur le film d'horreur actuel.  Je tenais principalement à souligner le fait que pour un genre aussi ouvert, c'est dommage de ne pas trouver autant d'expérimentations que ce à quoi on pourrait s'attendre. On rappellera que le genre permet de se tester, et que c'est ainsi qu'ont, par exemple, commencé de grands réalisateurs, le plus connu étant certainement Sam Raimi (le réalisateur de la seule vraie saga Spider-man).

Gardez cependant en mémoire que tous les films d'"horreur" ne sont pas tous ultra médiatisés, et qu'on peut trouver de tout sur le net, des perles (Paranormal Activity : Tokyo Night), comme des pertes (American Nightmare, appelé au départ The Purge, puisque ç'en est une, malheureusement sortie au cinéma). Les expérimentations restent donc nombreuses, il suffit de savoir chercher au bon endroit (streaming, bonjour).

Malheureusement, les films mis en avant par les médias et Hollywood reproduisent encore et encore les mêmes codes, ce qui devient lassant et provoque un désintérêt pour le genre, formant un publique composé de groupes de jeunes voulant se marrer devant un film "pop-corn", et évincant un publique plus "mature" des salles obscures.

Les cas évoqués sont bien entendu des généralités, et le film d'horreur, bien que gangréné, a encore de beaux jours devant lui.

"J'ai pété..."

"J'ai pété..."

Je terminerai cet article avec un second parallèle rapide, cette fois-ci avec la comédie romantique. Le même schéma est toujours évoqué, et même si les protagonistes et les péripéties changent légèrement, les grands aboutissants de l'histoire restent les mêmes. On sait qu'à la fin, le héros et la fille finiront ensemble, prêts à se reproduire comme des lapins, à avoir pleins de gosses, et ainsi contribuer au réchauffement climatique par un rapport cause -à -effet très intéressant, pendant que le meilleur ami gay du héros se touchera sur des posters des One Direction en admirant les jeunes tourterelles. Heureusement, certains films, comme (500) Days of Summer brisent ces clichés.

Tony Zhou : à la découverte d'un vidéomaker + Réflexions sur le film d'horreur
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Hunter Arrow 14/07/2014 13:04

La raison de ton coup de coeur est cool, mais ce que je trouve le plus cool au sujet de ton article c'est tout le côté "opinion personnelle". Que l'on soit d'accord ou pas avec, je trouve intéressant le fait que tu donne ta vision d'un genre malgré les quelques imprécisions. En tout cas ça rejoins mon idée de "l'édito" du membre (je cherche encore un bon sujet sur lequel m'étendre). Mais tu lance bien l'idée en tout cas et c'est très bien.

William 30/07/2014 23:52

Je n'étais pas au courant pour ta série d'articles, désolé :/
Et sinon, merci pour les retours, c'est super sympa :)

Vivien le conquérant des crêpes 09/07/2014 22:02

Rien à dire sur l'article et sur la qualité des vidéos de ce Mr. Zhou, qui est pour le coup très éducatif, constructif et, dans l'ordre des choses, intéressant. En fait si j'ai une chose à dire, donc je suis totalement con.

C'est juste que quand tu cites "quelques films d'horreur relativement connus" pour illustrer le ras-le-bol que tu éprouves face aux films d'horreur récents, il faut peut-être que tu prennes en compte que 3 de tes exemples sont des noms de sagas classiques du cinéma d'horreur (Halloween, Massacre A La Tronçonneuse et Vendredi 13), et il faudrait donc que tu stipules que tu parles des récentes itérations de celles-ci (si c'est le cas), pour ne pas plonger dans la confusion tes lecteurs les plus débiles comme moi.

Bon, si on peut pas non plus dire que la très longue saga Vendredi 13 nous ait gâté de chef d'oeuvres des débuts jusqu'à maintenant, et si on peut être d'accord sur le fait que les dernières itérations de Vendredi 13 justement, et de Massacre A La Tronçonneuse sont des espèces de grosses merdes atteintes de diahrrée, MAIS tout de même il ne faut pas oublier que par exemple le Massacre A La Tronçonneuse original de Tobe Hooper est un classique de l'horreur, qui sans aucune goutte de sang et juste avec une ambiance terriblement glauque, sale et répugnante, a su devenir un bijou de l'angoisse. Après on peut être d'accord sur le fait que ce qui a suivi est au choix moyen ou totalement pourri.

La même chose en encore mieux sur Halloween, dont le premier film est lui aussi un classique de l'épouvante de John Carpenter (qui est, qu'on se le dise, un génie), et dont les deux remakes de Rob Zombie sont aussi très intéressants, malgré l'univers borderline et trash de son réalisateur totalement déjanté. Après, ce n'est que mon avis.

Et enfin, pour ce qui est de ta dernière image, je dois t'avouer quelque chose de terrible après toutes ces années... Je n'aime pas les crêpes.
(Mais je les utilise à des fins masturbatoires pour compenser, quand même)

William 30/07/2014 23:16

Evidemment que je parle des remakes de ces franchises, je ne vais pas mettre en doute la qualité des opus originaux.
Et sinon, la prochaine fois que tu viens chez moi (tu es déjà là, c'est génial), je vais te gaver de crêpes jusqu'à ce que tu avoues ton amour pour cette spécialité cullinaire !

mr-edward 10/07/2014 02:47

Comment peut-on ne pas aimer les crêpes ?! C'est bien une chose que je ne comprendrais jamais.C'est une honte, je demande que vous soyez pendu par les pouces, pour cet affront.

Pour revenir à ton article, il est très bon et intéressant, mais comme le souligne Vivien, concernant tes exemples de films d'horreur relativement connus, il est vrai que l'on se sait pas si tu parles des 1er épisodes, des suites, des remakes ou de la saga.