Interstellar : le nouveau Inception, ou un TDKR dans les étoiles ?

Publié le par William

Interstellar : le nouveau Inception, ou un TDKR dans les étoiles ?

Christopher Nolan est l'un des réalisateurs les plus appréciés de sa génération, et ce n'est pas pour rien. Né en 1970, ce réalisateur britannique (oui, britannique, et non américain) trouve le succès à 30 ans, âge auquel il réalisa Memento, sorti deux ans après son premier long-métrage (ayant tout de même trouvé le succès dans des festivales), Following. Memento, c'est un film au scénario pas si intelligent que ça, mais qui marquera les esprits par son montage et sa narration tous deux très bien pensés. Il est monté "à l'envers", suivant les aléas de la mémoire de Leonard, nous faisant ressentir les mêmes émotions que lui, et nous amenant à nous faire duper par les personnages secondaires, qui se jouent de lui, et du spectateur. Ce film lui offrira la reconnaissance des studios, et lui permettra de diriger de grands acteurs, tels que Robin Williams, Al Pacino, ou encore Hilary Shank dans Insomnia. Ce film sera cependant moins remarqué.

La suite, vous la connaissez. La Warner lui confie le reboot de Batman, et en 2002 sort Batman Begins. S'en suivra Le Prestige, véritable déclaration d'amour au cinéma, puisqu'un film est avant tout un tour de magie. Nolan nous rappelle ici son amour pour le 7° art, pour lequel il n'était apparemment pas destiné, puisqu'il est daltonien. S'en suivront ses deux meilleurs films (selon les spectateurs autant que la presse), The Dark Knight et Inception, puis la couille dans le paté de sa filmographie (quelle classe), The Dark Knight Rises. C'est sur cette déception qu'il nous avait laissé, il y a plus de deux ans, son travail de producteur et scénariste associé sur le Man of Steel de Zack Snyder n'en ayant pas rassuré certains. C'est dans ce contexte géopolitique sans précédent que le maître du divertissement américain actuel sort son premier film de Science Fiction : Interstellar.

Interstellar : le nouveau Inception, ou un TDKR dans les étoiles ?

Commencons par le début, et ce qui fait la force des films de Nolan : le scénario. Dans un futur proche, la Terre est de moins en moins accueillante pour l'humanité qui connaît une grave crise alimentaire. Une humanité tellement résignée sur son destin que les écoles enseignent désormais que les pas sur la Lune n'eurent pas lieu et ne servirent qu'à pousser la Russie à se ruiner en projets concurrents. Cooper (joué par Matthew McConaughey), un ancien pilote d'essai et ingénieur, est devenu agriculteur suite à un accident dans son avion de chasse et vit dans sa ferme avec sa famille. Sa fille Murphy, âgée de dix ans, croit que leur maison est hantée par un fantôme qui tente de communiquer avec elle. Lorsque son père la défie de prouver l'existence de ce fantôme selon une démarche scientifique, elle découvre avec son aide que le « fantôme » est une forme inconnue d'intelligence qui leur envoie des messages codés au moyen d'ondes gravitationnelles qui altèrent la poussière sur le sol, et les orientent vers une installation secrète de la NASA. Arrivé là-bas, Cooper est confronté à un choix cornélien : partir dans l'espace en espérant sauver la Terre, en ayant toutefois une chance de ne jamais revoir ses enfants auxquels il tient tant, ou rester avec eux, et ainsi provoquer l'extinction de l'humanité. Bon, si vous avez vu ne serait-ce qu'une affiche du film, vous savez qu'il décidera de partir, puisque voir l'humanité s'éteindre et rester assis sans rien faire, bah c'est pas cool.

C'est l'heure du goûter !

C'est l'heure du goûter !

Alors, c'est bien ou pas ?

 

Ce film a à la fois des trucs bien et pas bien. Oui, je suis pas chiant comme mec moi.

 

Les trucs bien :

 

Interstellar est avant tout un savant dosage : pour commencer, la scène d'expostition. Je qualifierai de "scène d'expo'" le début du film avant que Cooper aille dans l'espace. Et bien ce moment dure 45 minutes. 45 f*cking minutes ! Et vous savez quoi ? Ben c'est pas trop long. On nous introduit les personnages, la situation sur Terre, on nous fait compatir avec eux, on mange des crêpes en famille, bref, c'est exactement ce qu'il fallait avant que le film nous envoie en l'air. Ce n'est ni trop long, ni trop court. Je me rends compte que cette fin de paragraphe est dégueulasse...

Ensuite, ce que je qualifierais de "moments d'émotion". Il y a un nombre important de moments forts émotionnellement, et tous sont incroyables. On vit avec les personnages. On a peur pour eux, on stress avec eux, on pleure avec eux (sauf moi puisque je suis un connard sans coeur). On ressent l'éloignement autant qu'eux, et on n'aimerait pour rien se retrouver dans leur situation. Les protagonistes se retrouvent dans des situations extrêmement périlleuses, et bordel que c'est intense pour nous autant que pour eux.

La musique. Cette musique bordel. Hans Zimmer l'aurait composée sans savoir de quoi parlait le film. Très dur à croire quand on voit l'incroyable synergie entre la musique et l'image. Eoutez-moi ça !

Chapeau bas, M. Chambre !

Plus que la musique, la bande-son toute entière d'Interstellar est soignée. Nolan n'oublie pas que dans l'espace il n'y a pas de bruit, et il fait donc un savant mélange entre les scènes à l'intérieur du vaisseau et celles à l'extérieur. Le hors-champ sonore est également très bien maitrisé, et apporte toujours plus d'émotions !

Enfin, passons un peu à l'image. Nolan favorise toujours le réalisme. Ainsi, il s'est basé sur les calculs de physiciens pour reproduire son espace (et notamment le trou de vers). Et pour les planètes visitées, on est loin de la vision d'un Total Recall ou de la Planète des Singes. De la beauté à l'état pure. Nolan tord les lois spatiales, et c'est pour notre plus grand plaisir. Vous aurez un tel orgasme visuel que vous plaquerez votre copine et la remplacerez par 2h50 de plaisir visuel. Au moins, cet orgasme-là, il ne dure pas 30 secondes.

Interstellar : le nouveau Inception, ou un TDKR dans les étoiles ?

Les trucs pas bien :

 

Il n'y en a pas tant que ça, mais il y a quand même quelques petits trucs qui me dérangent.

Premièrement, la facilité du speech de base. C'est quoi ? Bah simplement un père qui part en mission pour sauver sa famille qu'il aime tant. Sûrement LE thème le plus Hoolywoodien jamais créé. Ca ne gâche pas l'histoire, mais dans le déjà-vu, on tape quand même très fort.

Secondement, c'est un point de vue plutôt personnel. Un truc qui m'aura vraiment dérangé dans Interstellar, c'est le côté athée du film. A plusieurs moments, les personnages parlent d'"êtres", qui les aideraient, leur traceraient le chemin dans l'espace, leur auraient préparé une nouvelle planète, mais à aucun moment l'idée même de Dieu n'est évoquée, ne serait-ce que par un personnage secondaire. Ce n'est pas un défaut en soi, mais c'est un truc pas bien, quand même.

 

Tertiairement, la scène de la bibliothèque. Je ne peux vraiment pas en dire beaucoup, parce que ce serait du spoil à l'état pur, mais une des scènes de fin, qui se situe dans une sorte de bibliothèque, et qui tient le rôle de twist pour le film, est juste... mal faite. En tous cas, c'est la scène la plus décriée du film, et on comprend pourquoi.

Bon, il est où ce KFC ?!

Bon, il est où ce KFC ?!

Concluzion

 

Interstellar est sûrement le film le plus nolanien que Nolan n'ait jamais réalisé. Tout est là. Les visuels absolument sublimes, la musique d'Hansy, les thèmes, et il y a même un twist. Je ne peux que vous conseiller Interstellar. Quelques défauts mineurs ne gâchent pas 2h50 de plaisir, et c'est ce qu'est Interstellar : du bonheur à tous les instants.

Maintenant, vous n'avez plus qu'une chose à faire : foncer voir Interstellar, puis hiberner pendant deux ans en attendant Inception 2.

Publié dans Sorties Ciné

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Commenter cet article

Vivien 16/05/2015 13:07

Est-ce que tu pourrais me conseiller la marque de brosse à dent de Matthew McConaughey ?

Le Nouveau Cinéphile 23/12/2014 18:03

Une critique très intéressante!

J'ai juste une question: pourquoi serais-tu dérangé par l'absence de l'hypothèse de Dieu? Attention, je ne dis pas ça pour faire mon gros troll athée (je suis catholique), mais en quoi serait-ce dérangeant?

yoyo114 03/12/2014 18:13

Mais !!!
J'avais shotgunné la critique sur les infos du blog !
M'enfin bon, j'ai celle de Hunger Games à faire mais en soit ça m'embête pas. Après, je ne suis pas d'accord sur tous les points de ta critique, donc je ferais peut-être une petite review de quelques lignes en dessous de ton article pour apporter une vision différente du film :)

William 03/12/2014 23:07

Oops, vraiment désolé pour le coup Yoyo, j'avais jeté un coup d'oeil à l'article d'info mais j'ai pas vu que tu voulais la critique. N'hésite donc pas à mettre la tienne en-dessous, quelle qu'en soit la longueur (histoire que ça ne soit pas juste un "je suis pas d'accord avec toi sur ça", mais vraiment une critique complète).