Cinquante Nuances de Grès, lancées par un Hunter enragé....

Publié le 9 Mars 2015

Évidemment cela ne pouvait être que moi. Qui d'autre pouvait faire cette critique ? Alors je ne vais pas vous faire de faux suspens, à la vue du titre vous avez compris que j'ai détesté cette adaptation de l'oeuvre de E.L James et plus encore. Ainsi dans cette critique, ou plutôt ce démontage en règle, je risque d'être quelque peu virulent. C'est pourquoi je me dois de vous avertir qu'il est possible que j'emploi un langage  assez cru en vu d'illustrer ce qui me dérange dans ce film. Alors d'avance je demanderai au gens sensibles de fermer cette page ou alors de s'acheter des gonades...

Je ne vais pas vous le cacher, avant de "voir" Fifty Shades of Grey, j'avais une énorme appréhension, pour ne pas dire que je m'attendais à le détester et copieusement vous dire à quel point c'était mauvais. Vous vous dites, naïfs que vous êtes : "c'est normal, c'est un mec, il ne peut pas comprendre ce genre de films. De plus c'est un misogyne bourrin et misanthrope, donc voilà quoi.... puis si en plus il partait sur un à priori négatif, c'était couru d'avance qu'il déteste ce 50 nuances...". Alors comprenez bien une chose : l'image de bourrin que je me donne est comme le mot "image" l'indique une... image (on ne peut être plus clair). De plus je comprends parfaitement le fait que les membres de la gent féminine ont besoin de ce genre de longs métrages. Pour elles cela constitue un peu nos Pacific Rim, Expendables, les vieux films d'actions burnés avec Schwarzy que l'on se matte entre potes, une bière négligemment posée sur le paquet : un plaisir beauf. Attention, ce que je dis n'a rien de péjoratif. Nous avons tous besoin de ce genre de divertissements fait pour stimuler nos hormones plus que notre intellect. Le fait est que l'on peut constater que nous, hommes, sommes bien plus difficiles à contenter que nos chères dulcinées en matière de plaisir beauf. Là où elles se contentent d'une romance de midinette à l'écriture bancale et réclamant peu d'efforts au niveau mise en scène et visuel; nous nous contentons de films au scénario minimaliste, certes, mais dans lequel il faut avoir au moins ratiboisé l'équivalent de la plus grande forêt de Tuvalu à grand coup d'effets pyrotechniques... Mais passons ce détail. En revanche ce qui me dérange clairement, hormis l'aspect cinématographiquement médiocre de l'ensemble, c'est le message que l'on peut "déceler" là dedans carrément malsain car sous-jacent et s'instillant insidieusement dans un esprit collectif.

Subtilité, j'écris ton nom...

Mais en premier lieu, traitons de la question de l'emballement médiatique autour du phénomène Fifty Shades. Évidemment ce n'est qu'un détail et en soi ce n'est pas ce qui est à l'origine de l'absence de qualités intrinsèques de l'ensemble. Toutefois tout le tintamare fait à l'issue de la sortie du film, révèle un phénomène assez inquiétant concernant les manques culturels de la population. Mais pire encore, la sélectivité de la mémoire de soit disant experts culturels devenant, pour les besoins de réponses aux attentes du public et des publicitaires, amnésiques. Car oui quand on entend des "50 Nuances de Grey est vraiment un phénomène qui a permis aux femmes d'assumer une sexualité plus ouvertement" ou encore "Jamais on n'avait traité de la sorte une romance" là j'ai juste envie d'exulter de rage et exterminer une cinquantaine de bébés Fennec... et pour info un bébé fennec c'est l'image qui accompagne ce paragraphe. Comme vous pouvez le voir, c'est adorable...

Car oui, Fifty Shades of mes couilles n'a absolument pas inventé l'érotisme à ce que je sache, ni même la lecture érotique et le cinéma n'a jamais attendu qu'une fangirl de Twilight rédige sa fanfiction pour mettre à l'image des romances sulfureuses... et le public a été réceptif à ces oeuvres ayant précédées l'histoire de Anastasia et Christian.

Donc voici pour votre culture personnelle trois exemples me venant en tête :

1. Le roman Histoire D'O de Pauline Réage, aka Domnique Aury et de son vrai nom Anne Cécile Desclos; sorti en 1954 traitait déjà de romance sous fond de sadomasochisme et avait lui aussi provoqué de sérieux remous dans la société française bien pensante de l'époque. Une époque où les femmes avaient acquis le droit de voter depuis seulement 10 ans et dans laquelle la pilule n'était pas encore autorisée (pilule, symbole de la libération sexuelle des femmes, si vous avez besoin que l'on vous explique pourquoi c'est important de citer ce fait, bande d'iconoclastes ignares). Bon bien sur le roman était assez primaire dans sa manière de traiter le sadomasochisme et révélait un sérieux manque de connaissance de l'auteur.... mais dans la mesure où il s'agissait d'un roman qu'elle avait écrit pour égayer ses soirées avec son amant et surtout qu'elle ne disposait pas d'Internet pour se renseigner, on peut la pardonner. Ah et pour votre information ce livre a été adapté à l'écran en 1975 et cette adaptation sulfureuse a enregistré plus de 3 millions de spectateurs sur le seul sol Français et ce à une époque où il n'y avait pas autant d'outils promotionnels.... Donc non Fifty Shade n'est pas le premier exemple de littérature érotique basée sur le BDSM a avoir suscité un engouement.

2. l'Amant de Marguerite Duras, publié en 1984, dans lequel, parmis les nombreux thèmes exploités, on retrouve celui de la jeune ingénue qui va découvrir les joies du sport à l'horizontale avec un éphèbe chinois, plus âgé et plus expérimenté. Mais bien sur le livre ne se résume pas à ça et entre EL James et Marguerite Duras il y a quand même une sacrée différence de level. Et ce livre a lui aussi été adapté au cinéma en 1992, par cet illustre et pas du tout ambitieux réalisateur qu'est Jean Jacques Annaud (pour info ce mec je le défendrais jusqu'à la mort). Et bien évidemment ce film n'a eu qu'un succès public limité avec seulement 3 millions de spectateur là aussi...

 

3. La série Sex and the City. Voici un exemple plus contemporain. Ici les spectatrices pouvaient suivre les pérégrinations sentimentales et sexuelles de 4 célibataires New-Yorkaises... Une série où les héroïne allaient sans détours évoquer leurs diveres aventures avec des membres turgescents de mâles; et qui à mon sens a bien plus contribué à la décomplexion des moeurs sexuelles des femmes.

 

Tout ça pour dire qu'alors que je ne suis pas dans le coeur de cible vers lequel ces oeuvres se destinent, je connais ces dernières et je trouve absolument lamentable que des soit-disant chroniqueurs "culturels" les oublient au profit d'un simple effet de mode passager qu'ils vont nous présenter comme étant un phénomène révolutionnaire.

En fait c'ette image vient de me faire comprendre ce qu'est ce film : une pub de déodorants pour femmes

En fait c'ette image vient de me faire comprendre ce qu'est ce film : une pub de déodorants pour femmes

Mais voilà cela fait suffisamment longtemps que je vous tiens la jambe et pourtant j'ai à peine parlé du film en lui même. Donc déjà essayons de le regarder pour ce qu'il vaut d'un strict point de vue "technique". Au niveau visuel, il faut reconnaitre qu'à l'évidence ils ont embauché des gens plus talentueux à l'image qu'à l'écriture. En clair, la réalisatrice Sam Taylor-Johnson (oui la femme de l'acteur Aaron Taylor-Johnson) a fait du "ridleyscottisme" sur ce projet. Par là je veux dire que l'on avait un metteur en scène plutôt doué au niveau formel, mais qui par malheur était engagé sur un projet dont la médiocrité ne pouvait pas être rattrapée par la simple qualité visuelle. Parce que oui, je le répète si l'on s'en tient à la forme, c'est plutôt pas mal. Les cadres sont assez travaillés et pertinents dans leurs choix, la tension sexuelle de certaines séquences est très bien suggérée par l'intégration d'inserts certes peu subtiles mais efficaces et quant aux scènes de sexe elles sont relativement bien mises en scène. C'est sensuel, assez explicite sans jamais sombrer dans le graveleux ou le vulgaire... En clair pas de quoi vider un paquet de Kleenex, mais ça suffit pour s'emoustiller quand on est avec sa dulcinée... ce qui finalement témoigne d'une démarche bien plus commerciale (rappelons que l'on est devant un film dont la date de sortie a été choisie par rapport à sa proximité avec la fête de la Saint Valentin) que réellement d'auteur, mais ça j'y reviendrais par la suite.

Christian Grey interprétant le magnifique récital de "La Digue du Cul" en do mineur...

Mais bien évidemment le visuel ne fait pas tout et comme je l'ai dis plus haut, lui seul ne peut suffire à sauver du naufrage un produit à l'écriture aussi calamiteuse. Car oui, disons le sans détour, c'est absolument majestueusement dégueulasse à ce niveau là. Le problème n'est pas tant que le film va user de clichés inhérents au cinéma romantique. Le problème est qu'il n'est composé QUE de clichés inhérents au cinéma romantique et à ce titre il devient juste une torture à regarder. Chaque réplique, chaque situation a été déjà vu ailleurs. Alors si vous êtes réguliers sur ce blog et que vous avez lu mes critiques de Noé, Dawn of the Planet of the Apes, Amazing Spider-Man 2 vous m'avez déjà vu défendre l'emploi de clichés... Sauf que je ne défends pas, je pardonne simplement si l'emploi de ces clichés peut permettre de développer les relations entre les personnages ou débloquer une situation afin de poursuivre la progression dramatique, tout en restant à chaque fois pertinent. En clair j'accepte le cliché si celui ci peut être à l'origine de quelque chose d'intéressant, pertinent et essentiel pour la construction dramatique. En revanche quand le cliché est juste là pour n'amener qu'un autre cliché, là ça me fait bouffer mon fauteuil. Partir d'un cliché, ok; le cliché pour finalité, non ! Et tout le problème de ce Cinquante nuances de Graisses est bien là. Les personnages évoluent tels les pages blanches qu'ils sont à l'origine, ne pouvant échapper à un schéma prédéfini n'ayant de cesse de nous décrire ce qu'ils sont et ce qu'ils pensent mais qui ne nous le fait jamais ressentir... Car oui quand vous avez un personnage ténébreux et mystérieux, ce n'est pas tout de nous dire qu'il est ténébreux et mystérieux et lui faire jouer du piano pour souligner à quel point il est mélancolique; encore faut il que l'on puisse percevoir ce fait par delà les clichés employés. Et bien sur c'est difficile, cela réclame une écriture intelligente et là... quand on part du principe que ce film ne s'est jamais interrogé sur la pertinence d'avoir pour personnage principal une jeune fille vierge de 22 ans renonçant à sa virginité dans les bras du premier beau gosse, riche et déviant sexuel venu; et ce après avoir à peine fait sa connaissance... on comprend que l'on n'est pas face à un produit intelligent qui a disposé d'un recul de la part de ceux adaptant ce matériau. 

Et là vient la part de raisonnement subjectif qui a contribué à me faire haïr ce Cinquante nuance d'engrais car avec une merde pareil tu peux faire pousser du blé dans le Sahara : c'est un produit commercial complètement formaté qui ne prend jamais le recul nécessaire avec ce qu'il adapte et devient pour le coup grandement malsain. Attention je ne vais pas vous faire le numéro du critique de Libération ne jurant qu'à travers la dernière oeuvre de Piotr Boukaïeff, profondément marqué par le propos anti-consumériste et marxiste de l'ensemble... Bien sur que non, je conçois parfaitement que l'on produise des films uniquement pour répondre à une demande de consommateurs et c'est d'ailleurs sur cette base que j'ai défendu le dernier Transformers. Non pas que je sois d'accord avec la démarche, juste que je suis pragmatique et je comprend la tentation que peut représenter l'énorme manne financière d'un public prêt à payer pour ce genre de films. En revanche là où je suis bien plus critique c'est lorsque l'on en vient à être tellement aveuglé par une recherche de profits. Cette recherche se traduisant par la demande faite à de simples faiseurs de retranscrire le dernier bouquin à la mode, tout en édulcorant visuellement le tout au maximum afin d'être le moins segmentant possible et ainsi attirer un public adolescent souhaitant se payer un moment coquin; mais bien sur sans prendre aucun recul sur ce que l'on fait. Car peut être que cela vient de moi, mais cette romance est quand même extrêmement malsaine de par la superficialité de son traitement et son aspect premier degré. Et pour éviter toute mauvaise interprétation, dites vous que ce n'est pas tant le sadomasochisme qui me choque... Non je l'ai pris pour ce que c'est, c'est à dire une simple "composante" mal traitée de l'histoire. D'ailleurs ce qui est intéressant à ce sujet, c'est de constater que l'on demeure dans un traitement de surface de ce thème, restant dans les clichés que se font monsieur et madame Toutlemonde alors qu'une simple recherche google, ciblée pour éviter les liens vers les sites pour adultes, aurait suffit à se renseigner un peu plus sur la chose et, pour le coup, à gagner en pertinence... Mais bon à quoi sert d'apporter de la nuance à un film s'appelant Cinquante Nuances ?

Mais là où j'ai un vrai problème, c'est que ce n'est pas une histoire d'amour saine et pourtant le film est présenté comme tels... Mais les gars vous vous rendez compte qu'à peu de choses près et ce sans aller dans la sur-interprétation, on est à la limite d'une histoire de femme battue ? On a une jeune fille, qui flashe sur un beau garçon et va d'un coup accepter tout et n'importe quoi même si cela va à l'encontre de ses intérêts ou de son intégrité physique; et tout ça sous le seul prétexte que le mec est beau, riche et de temps en temps a ses bons côtés. Bien sur on retrouve quelques hésitations provenant du personnage de Anastasia, mais la finalité demeure l'acceptation (rappelons quand même que cette trilogie de livres se termine sur le mariage des deux héros). Alors bien sur à la fin de ce premier volet il y a un moment de révolte venant de Anastasia, mais là où cela devrait être vu comme étant quelque chose de positif (ce que c'est normalement); le film ne prenant aucun recul par rapport aux écrits nous présente ça comme étant une séparation "tragique", un évènement que les deux amoureux doivent surmonter... Donc tu as compris toi la connasse qui t'es révoltée après que ton mec t'ai collé une baffe, il faut que tu surmontes ça car au fond il t'aimes surement énormément... Ah et quant à toi, la jeune fille entre 14 et 20 ans, qui est en pleine construction sentimentale et sexuelle et à qui ce produit cherche clairement à s'adresser par l'utilisation de lieux communs typique à un cinéma que tu es censée aimer; il faut que tu comprennes que si le mec que tu connais à peine et sur qui tu as flashé veux que tu lui fasse à tout prix une fellation même si cela te dégoute, et bien il faut le faire ! Si ça se trouve, tu vas aimer.. Et si il veut te sodomiser et que cela te fait un mal de chien, et bien c'est tout pareil, car comme le dit Anastasia "ll n'y a pas de douleurs, je n'ai que du plaisir".

Bien sur vous me direz que dans une relation amoureuse il faut savoir donner de sa personne pour satisfaire l'être aimé.... Personnellement je part du principe que l'amour est surtout une question de réciprocité sentimentale, de l'instauration d'une relation de confiance réelle et que les expérimentations sexuelles doivent se faire avec le plein consentement et L'ENVIE des deux parties... mais bien sur je suis quelqu'un de naïf. Et je vais ajouter une chose : à quel moment Anastasia et Christian forment réellement un couple dont la relation est bâtie sur un amour complet et sincère ? Je suis désolé mais tout ce que nous avons ce sont deux adultes, attirés sexuellement l'un par l'autre, qui s'apprécient mais ce n'est pas un véritable amour. Je ne sais pas, là aussi dans ma grande naïveté j'ai tendance à partir du principe que dans une relation amoureuse il y a la réciprocité du statut conduisant à une certaine égalité... Mais là je suis surement influencé par les quelques luttes des femmes pour enfin être reconnues comme étant l'égal des hommes... Vous savez cette théorie qui a fait de nous des couilles molles selon certains...

Maintenant je pense que vous commencez à comprendre pourquoi j'étais à la limite de bouffer mon fauteuil devant cette merde infâme. De par son aspect horriblement superficiel dans son traitement, il nous vend une histoire d'amour qui n'en est pas une et ce sans jamais prendre un recul qu'il aurait été intéressant de prendre. Et dans ce monde où "l'image" compte plus que tout, où des gamines peuvent être plus influencées par le comportement de connasses d'émissions de la télé-réalité; on nous vend cette amourette, profondément malsaine pour peu que l'on gratte le vernis, et on l'érige tels un nouveau modèle "romantique". Vous voulez un bon exemple d'une romance de "midinette" totalement saine et recommandable ? Et bien je vais vous citer un film en contenant une : Titanic de James Cameron.

Je sais que parfois je tacle méchamment le film, mais plus par blague que conviction. Mais si il y a un point où il est difficilement attaquable (en plus de son aspect de reconstitution), c'est la relation entre Jack et Rose. Ici nous sommes en présence d'une jeune fille, écrasée par son milieu social élevé mais horriblement protocolaire et lui empêchant de s'émanciper; qui rencontrera un jeune homme de basse condition. De cette rencontre découlera une romance certes courte de par les circonstances, mais sincère. Dans cette relation les deux personnages sont égaux et si il faut admettre que Jack est à l'initiative quand il s'agit de survivre à la catastrophe; jamais cet aspect n'affaiblit le personnage de Rose. C'est de cette histoire d'amour que cette dernière tirera la force de survivre à la catastrophe mais surtout de se reconstruire après celle ci malgré le chagrin de sa perte. Car oui Jack ne survit pas, mais avant de mourir il encouragera Rose à survivre malgré les épreuves et à mener la plus belle vie qu'il soit possible de mener. Et voilà une belle histoire d'amour ! Voilàn quelque chose qui à mon sens peut constituer une belle base pour une construction romantique, car c'est ce qu'une femme devrait être en droit d'attendre d'une relation amoureuse. Oui on peut souffrir à l'issue de cette dernière (la mort de Jack, la perte du confort de son statut, le fait de devoir reconstruire sa vie après), mais il n'en demeure pas moins que cette relation est dans son fond épanouissante. Ici il n'est pas question d'accepter de subir l'inacceptable sous prétexte que le mec est beau, friqué et charmeur.

Bien sur vous me direz que le fond de l'histoire de Cinquante nuances de Grrrrrr c'est le sauvetage d'un homme brisé grâce au pouvoir de l'amour et qu'ainsi Anastasia se donne et souffre pour sauver l'homme qu'elle aime (syndrôme du Messie, je souffre pour tes pêchés pute de fils)... Mais encore une fois cette idée est directement annihilé par le fait qu'elle le connait à peine dans ce film et aussi qu'un mec avec de tels antécédents que Christian; ce n'est pas d'une femme acceptant de se faire fouetter qu'il a besoin, c'est d'un psy. Et là encore le film est dangereux en poussant de jeunes filles à croire que le seul pouvoir de l'amour peut métamorphoser un homme brisé... ça peut l'aider, mais seul ça ne le changera pas. Et le problème étant que tout le bouquin semble dire le contraire... Alors encore une fois chez une femme de plus de 28 ans, ça ne me gêne pas qu'elle lise ce genre de livre ou regarde ce genre de film. A cet âge on a développé une maturité sentimentale nous faisans comprendre la nuance entre ce que nous fantasmons et ce que l'on souhaite vivre... En revanche, une gamine de 14 ans qui va voir ce film avec ces copines parce que ça permet de s'acoquiner, elle n'a pas cette distance et pour elle ce genre d'histoire c'est "beau" alors que dans le fond c'est horrible. Et c'est pour cette raison que je suis autant déchainé après ce film et les producteurs de cette horreur. En se contentant de balancer ce truc sur les écrans sans vouloir prendre de recul et en cherchant à s'adresser au plus grand nombre (et ne me parlez pas des limites d'âge, c'est une blague), on vend quelque chose qui peut être profondément néfaste et faire du mal... et là on n'y trouvera pas de plaisir...

Ainsi pour clôre cette critique, je vais citer Ian Malcolm dans le film Jurassic Park : 

"Vous vous êtes hissés sur les épaules de génies (ndlr : bon c'est là où la citation est moins pertinente je l'admets) pour accomplir quelque chose le plus vite possible et avant même de savoir ce que vous aviez, vous l'avez breveté, emballé dans un joli papier-cadeau plastique et maintenant... Vous le vendez ! Vous allez le vendre, voilà ! Vous allez le vendre et sans savoir..."

Ian Malcolm dans Jurassic Park

"C'est vraiment un gros tas de merde..."

Ian Malcolm dans Jurassic Park

Rédigé par Hunter Arrow

Publié dans #Sorties Ciné

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Choupynette de Restin 28/04/2015 13:16

Eh oui, c'est bien l'histoire d'une femme inféodée à une sorte de pervers narcissique... plus aucun libre arbitre, rien. Je n'ai pas vu le film, je n'ai lu qu'un chapitre de cet ersatz de livre. (je ne parle même pas de roman!!) c'est lamentable autant sur le fond que sur la forme.

Hunter Arrow 08/05/2015 21:17

Disons qu'en soi adapter le livre n'aurait peut être pas été une idée si mauvaise si tnant est que cela aurait été fait avec du recul ou une vision qui pourrait apporter quelque chose d'intéressant. Par exemple American Sniper de Eastwood. Je ne sais pas si le film adapte fidèlement le livre, tout ce que je sais c'est qu'à l'écran on trouve une oeuvre dérangeante mais dans le bon sens du terme qui va bousculer le spectateur dans ses convictions et ainsi pousser ce dernier à porter un regard critique sur ce qu'il regarde. Mais ce ne sera pas le cas avec ce Cinquante Nuance qui se contente de ne filmer qu'une "simple" romance, rendant finalement le tout encore plus malsain...

Alex 11/03/2015 20:41

Merci pour votre article qui confirme un peu ce que j'appréhende de 50 nuances de truc...
Je suis une femme de 30 ans, qui préfère se vider le cerveau sur du Pacific Rim plutôt que sur des films à l'eau de rose ( pour resituer le contexte de mon com' !).
Quand j'ai vu toute les affiches sur le film, sa sortie pour la St Valentin ( je peux dire "lol" ?), et enfin la B.A. ... ma réaction à été " mais c'est quoi ce truc oO" - " C'est un film sur une relation SM je crois... c'est chaud..." dixit mon homme très pudique.
Du SM ? mouais... j'ai été jeune gothique assez extrème sexuellement donc je me tourne vers une amie fleur bleue et lui demande ce qu'elle en pense : " Je lis les bouquins et j'adoooore, l'héroïne me fait penser à Bella!!". Bella ?Twilight Je vomie, je reviens et lui demande plus de détail : " C'est l'histoire d'une Nana vierge qui rencontre un mec beau, mystérieux et très riche, et qui aime dominer. Du coup il y a du SM, mais ce n'est pas la base du film, c'est le fait qu'elle accepte tout par amour, et que même en posant des conditions, elle se soumet à lui quand même...". OK.
Ayant malheureusement subit l'intervention dans ma vie d'un manipulateur pervers ( Et je ne dis pas ça en tant que midinette mais en tant que femme qui a vraiment laissé des plumes dans tout cela...), je me demande une chose : a t-on le droit de cautionner les gestes de ce genre de mec ? Il est beau et riche donc, ça lui donne le droit de rabaissé, frappé ( en faisant passer ça pour du SM) ?
Je ne voulais pas dépenser 10e pour voir ça au cinéma, et j'ai bien fait je pense.
Il y a une différence entre le fantasme du SM, la pratique du SM et être sous la coupe d'un connard.
L'auteur du livre à certainement voulu étendre ses propres fantasmes ( sans faire de psyco à deux balles). Elle n'a jamais pratiquer cette pratique sexuelle et encore moins côtoyer un vrai manipulateur.
Comment voulez-vous qu'une gamine de 14 s'y retrouve, effectivement ?
Bref, ça me dépasse. Quitte à voir de "beau film d'amour tragique" y'a les Baz Luhrmann ( Adaptation de Roméo et Juliette, Moulin Rouge...), ou encore un beau film un peu plus profond intitulé " Un amour d'Hiver"... mais 50 nuances de Grey n'est pas un film d'amour. C'est un film sur " comment manipuler une jeune femme en 10 leçon quand on est un sociopathe."
Merci de votre commentaire, en espérant qu'il fasse réfléchir ;)

Hunter Arrow 12/03/2015 22:11

J'ai répondu à votre commentaire mais j'ai l'impression qu'il y a un problème dans l'affichage de ceux ci, surtout en réponse directe.

En tout cas je vous remercie pour le votre qui en effet porte à la réflexion. Car oui une chose que j'omets de parler dans ma critique c'est que potentiellement toute personne peut tomber sous la coupe d'un ou une pervers(e) manipulateur(trice) surtout si on ajoute l'amour. En effet les pervers manipulateurs ont cette habileté qui est d'être vite attirant pour l'autre, de savoir les séduire... Et même une personne "mature" peut se faire piéger.

Et c'est là où j'enrage après ce genre de film qui nous présente ce genre d'histoire mais va nous dire que "c'est bien". Et c'est là où je regrette un Verhoeven qui lui aurait le traitement approprié vu le caractère extrème du mec.

Temple Of Whiskers 12/03/2015 22:07

Tout d'abord merci pour votre commentaire très intéressant (et j'avoue avoir ris à l'enchainement "Bella, je vomie, je reviens). Et en effet il prête à réfléchir et met en évidence une carence dans ma critique. En effet dans celle ci j'écris que cela ne me dérange pas qu'une femme plus "âgée" puisse lire ce genre de livres ou voir ce genre films car elle aura plus de recul. Par là je veux dire que généralement elle aura plus de défenses pour appréhender ces oeuvres qu'une gamine inexpérimenté. Mais en effet cela ne veut pas dire qu'elle en aura au niveau personnel, face à un manipulateur pervers. En effet ce genre de personnages sont généralement très doués pour la séduction et ont un pouvoir d'attraction des autres. Et si l'on ajoute à cela l'amour qui peut être ressenti et devenir pour le coup destructeur, on comprend que toute personne, qu'il soit homme ou femme, peut se faire piéger dans ce genre de relation peu épanouissante.

Et c'est là où ce manque de recul me fait rager, parce que je me dis, admettons que cette adaptation eu été réalisée par un Paul Verhoeven. Là il aurait fait un film qui y serait allé à fond et aurait démontré tout le caractère particulier de cette relation, et ainsi il aurait poussé le public à adopter une position de recul sur ce qu'il voyait. Sauf que là non, on réalise cette histoire comme une "romance" classique et pour le coup on en oublie que normalement ce n'est pas censé faire rêver quelqu'un...

yoyo114 09/03/2015 11:52

J'aime beaucoup ta critique mais cependant... quelque chose me turlupine... pourquoi es-tu allé voir 50 nuances de grey, hunter ? On t'a forcé ?

Hunter Arrow 12/03/2015 22:12

Bizarre mon Yoyo, je t'ai répondu mais ma réponse ne s'affiche pas. Dis toi que si je suis allé voir ce film c'est grâce à mon formidable instinct de dévotion à la cause cinématographique...

Hunter Arrow 09/03/2015 16:59

C'est vrai qu'il aurait été bon que je précise que je n'ai pas lu les livres et je ne connais la suite des évènements que grâce à ma curiosité malsaine (et surtout pour voir si mon impression désagréable concernant le "message" véhiculé par cette histoire se confirmait) qu'à l'aide de résumés trouvés sur Internet... Mais je dois le reconnaitre je n'avais que les grandes lignes de ces derniers et une "analyse" plus en profondeur venant d'une personne ayant lu les livres serait la bienvenue pour étayer mes propos ou même les contredire si besoin... car j'ai pas envie de me taper personnellement les bouquins.

Sinon dans ma critique je me suis focalisé sur l'impression donné par CE film et une impression assez personnelle finalement et je peux concevoir qu'elle ne sera pas partagée par d'autres... Mais il n'en demeure pas moins que je trouve que dans cette histoire il y a des points dérangeants et ceux ci m'ont d'autant plus gênés que je les considère comme étant sous jacent, donc d'autant plus insidieux...

Théophylae 09/03/2015 13:06

Pour critiquer il faut tester par soi même ! C'est le concept !
La trilogie ( que j'ai lue scrupuleusement en zappant) est digne d'une collection Harlequin
des temps modernes à faire rêver les minettes en mal de romance.
Quant au film un simple roman photo à gros budget. Sans intérêt donc. (Avis d'une fille avisée)

Hunter Arrow 09/03/2015 12:21

Je le devais, c'était comme un devoir absolu pour moi.... Et t'as vu j'ai même pensé à toi en vantant les mérites de Titanic...