Avengers 2 : l'ère d'Ultron, la critique

Publié le par Hunter Arrow

Un film de Joss Whedon, avec Robert Downey Junior, Chris Evans, Scarlett Johansson, Chris Hemsworth, Mark Ruffalo, Samuel L. Jackson, Jeremy Renner, Aaron Taylor-Johnson, Elizabeth Olsen, James Spader.

Difficile de critiquer le nouveau film de Joss Whedon. Il fait parti de ces phénomènes à l'aura si grande que formuler à son encontre des reproches revient à risquer d'essuyer l’ire des fans de l'univers Marvel et de ses adaptations cinématographiques... D'autant plus quand on parle du film où les différentes icônes de l'écurie se rassemblent en vue de créer une oeuvre potentiellement culte dans la culture populaire. Ce qui fût le cas avec le premier opus, d'une efficacité jouissive et redoutable. Mais qu'en est il de ce second volet ?

Déjà je vais vous situer où je me trouve au niveau du Marvel Cinematic Univers, vu que c'est comme cela que l'on a nommé le plan d'investissement sur 10 ans de Disney. Pour tout ceux que j'ai vu (tout les films de la phase 1, juste 2 de la phase 2) c'était sympa mais je n'éprouve pas le besoin, ni l'envie de les revoir. Une fois et j'en ai fais le tour. C'est pas un défaut en soi mais je n'éprouve pas d'attentes particulières à me replonger dans cet univers. Comme je l'ai écris pour le premier Avengers, celui ci était efficace voir assez jouissif, mais là aussi pas envie de le revoir... Et quant à ce second volet ? Et bien je me demande si je n'en viens pas à regretter de l'avoir vu. Pour vous parler franchement je me suis ennuyé ferme devant ce Avengers II. De là à parler de l'ère d'une étron, il y a un pas que je ne franchirai pas, mais il est clair que le film de Joss Whedon souffre de nombreux défauts qui m'ont empêché d'être pris dans ce spectacle. Et le pire c'est que tout ces défauts sont imputables à une volonté de mieux faire et de répondre aux critiques proférées à l'encontre du premier opus. Mais le soucis étant que tout ce que le film peut faussement gagner en substance, il le perd en efficacité et en intensité.

La faute est directement imputable à un scénario mal équilibré. Reprochez au premier volet d'avoir une écriture trop simple si vous le voulez, mais reconnaissez au moins que cette dernière fonctionnait. Les séquences s'enchainaient avec fluidité et l'histoire, bien que basique, se laissait suivre sans déplaisir. Et là ce n'est pas du tout le cas du 2. En fait dans sa volonté d'élargir toujours plus l'univers Marvel au cinéma, l'ensemble se perd dans un succession de péripéties aux enjeux manquant de portée dramatique. Si bien que les scènes d'actions semblent davantage être là pour satisfaire l'adolescent ou le geek en mal d'affrontements en CGI plutôt qu'en vu de contribuer à raconter ou contribuer à l'histoire.

Avengers 2 : l'ère d'Ultron, la critique

Et là je pense que nous sommes clairement face à l'impasse Marvel. Tout au long de la franchise, ils ne cessent de vouloir en mettre "plus" mais pas nécessairement pour raconter une histoire qui serat plus intéressante sur le long terme. Là on entre dans une logique de comics, qui a permis à certains de perdurer plus de 70 ans (et ouais quand même). Vous avez déjà essayé de regarder des résumés de personnages de comics et de leurs histoires ? Et bien quand on est un non-initié c'est juste un gros foutoir où invasions extra-terrestres s'entremêlent avec délires limites métaphysiques et des intrigues plus terre à terre avec des morts, des résurrections, des érections... Enfin bref, ça ressemble à tout et en particulier à rien. Alors encore une fois, on doit cela à la longévité de ces licences et à la succession des artistes aux influences nombreuses et variées. Alors j'ai rien contre ce fait dans les comics, mais le soucis c'est lorsque l'on essaie de faire en sorte que les films aient cette logique comics et c'est totalement le cas dans Avengers 2.

Alors attention, le film reste logique avec lui même j'ai envie de dire... mais le soucis c'est que l'on en vient à une narration purement comics et j'ai eu l'impression que les scénaristes ont cherché à en mettre le plus possible pour satisfaire les fans de ce media. Donc on glisse plein de références à cet univers, avec une mention spéciale aux artefacts et autres Macguffin employés. Sérieusement ce film pourrait être sous titré "L'ère des MacGuffins" et devenir une publicité pour l'instauration d'une loi cinématographique interdisant l'emploi de plus de 2 Macguffins par film. Et ce ne sont que des choses où il faut suivre le comics pour en avoir quelque chose à faire. Ainsi l'on verse clairement dans la surenchère d'informations et de péripéties et l'on saupoudre le tout par une autre surenchère de spectacle. Et comme on le dit si bien : "trop c'est trop".

 

Bienvenue à toi, personnage au chara-design atroce et présent juste pour faire plaisir aux fans de comics... installe toi et fais comme chez toi..

Mais là le film est surtout victime de la tendance actuelle, ce qui ne l'excuse pas pour autant. En effet, depuis quelques années on peut se rendre compte que le blockbuster verse dans une surenchère... C'est même le principal argument marketing de la plupart, Avengers y compris. Le soucis étant que cette dernière se fait au détriment d'un sentiment empathique que le spectateur pourrait éprouver pour l'histoire, les personnages et ses enjeux. Même dans les très bons blockbusters actuels on ne peut que comprendre la portée des enjeux ou les sentiments des protagonistes; mais on ne peut pas vraiment se les approprier et se dire "tiens voici une question que je me suis déjà posée et qui m'a remuée" ou "voici un sentiment que j'ai ressenti dans ma vie". Tout cela va de pair avec une impression que le cinéma actuel a tendance à se réfugier derrière un certain cynisme, exprimant ce que le spectateur veut entendre, pas ce que parfois il aurait besoin d'entendre. Ainsi les histoires sont de moins en moins prises au sérieux et les sentiments appartiennent à la mièvrerie. Regardez donc certaines critiques formulées à l'encontre de Interstellar qui à mon sens est le genre de blockbuster qui malgré ses maladresses va dans le bon sens...

A ce moment vous devez être en train de fustiger après moi, me traitant de vieux con pensant que le cinéma c'était mieux avant et surtout vous demandant où je veux en venir. Pourtant c'est simple : je n'ai toujours aucune empathie envers les personnages de Avengers. Et au bout de 10 films autour de la licence Marvel, de 5 participations de Tony Stark, 4 de Captain America, 3 de Thor, 4 de la Veuve Noire et 2 de Hulk; ça commence à devenir gênant que j'en ai toujours rien à battre de ces héros. Vous direz que c'est ma faute, sauf que le film y est quand même pour beaucoup. En effet son problème est que finalement à l'inverse de films comme les deux premiers X-Men ou la trilogie Spider-Man de Sam Raimi; il ne va jamais nous permettre de nous approprier les dilemmes traversés par les Avengers car il reste dans les lieux communs. Ceux ci ne sont pas utilisés parce que l'on est sur que ça va apporter de la substance aux protagonistes, mais juste parce qu'ils semblent être les dénominateurs communs les plus évidents pour permettre aux spectateurs de comprendre rapidement les situations et donner la fausse impression que l'on apporte de la substance au film. Je vais donner un exemple en spoilant ainsi je demande à ceux n'ayant pas vu le film de ne reprendre la lecture qu'à la prochaine ligne  de texte verte qu'ils verront : Pour creuser le personnage de HawkEye, les scénaristes ont eu une idée : lui donner une famille avec une femme, deux mioches et un troisième en route; le tout vivant dans un cadre bucolique à la campagne. Ok déjà là on est dans le cliché de base... mais qu'est ce qu'ils en font pour rendre cette situation plus crédible. Et bien rien du tout... juste rien. Ils se contentent de considérer que l'apport de ce seul élément suffira à nous sentir concerné quant à la survie de HawkEye et ainsi relancer les enjeux. Mais non les gars, ça ne marche pas comme ça. Et là c'est la fin du SPOIL.

Un mec avec des flèches.... normalement je devrais bien l'aimer.

Cette faiblesse se retrouve à tout les niveaux de l'écriture. A force de rester à la surface des choses, je me suis senti étranger face aux problèmes rencontrés par ces héros et toutes les tentatives entreprises par les scénaristes pour les humaniser tombait à l'eau. Et il en est de même lorsque le film cherche à prétendre qu'il est plus intelligent qu'il n'y parait. Parce que c'est bien beau d'avoir pour sous texte l'idée d'une critique de l'interventionnisme américain (idée mieux relevée ICI . C'est assez orienté politiquement, je ne partage pas tout leur avis mais ça peut être intéressant d'avoir d'autres visions de la chose); sauf que si derrière les confrontations que cette question entraine se résolvent à coup d'apparitions de nouveaux personnages et de "il y a un vrai méchant, faut qu'on s'allie pour lui péter ses rotules synthétiques" et bien c'est carrément léger. A ce titre là, tais toi film ! Tu nous embarrasse plus que tu ne nous impressionne par ta pertinence. Et finalement les premiers a payer pour cet échec de traitement sont nos héros, qui ne deviennent plus que des générateurs à punchlines et à scènes d'actions parce que c'est tout ce qu'ils arrivent à faire de manière convaincante.

C'est là le moment où vous me dites "Mais arrête de faire des procès d'intention à ces films, on leur demande d'être fun et divertissant et ils le sont... Pas le peine de chouiner". Oui sauf que moi j'ai la grande chance d'avoir grandi avec des films qui étaient divertissants mais que j'ai pu m'approprier. Qui ont suscité chez moi autre chose qu'un plaisir bien gras d'entertainment. Je ne jette pas la pierre à ces films, je les aime bien pourvu qu'ils soient bien faits, comme mon article sur Fast and Furious 7 en témoigne. Mais j'estime qu'au bout du 10ème film d'une licence, il serait peut être temps de passer la seconde, de nous apporter des enjeux vis à vis desquels nous nous sentirons concernés. De l'émotion, une réflexion, de l'empathie pour les personnages... Des choses qu'apportaient des films tels que :

  • Star Wars qu'a permis de grandir en m'offrant les clés pour construire mon identité, même si je ne le comprenais pas à l'époque.
  • Jurassic Park responsable de mes plus belles terreurs nocturnes
  • Terminator 2 démontrant qu'un scénario malin et bien construit pouvait aussi donner un grand divertissement et offrant un message intéressant sur l'avenir et ce que nous en faisons.
  • X-Men 1&2, ouvrant les yeux de l'adolescent que j'étais sur la discrimination et le fait de se sentir différent et rejeté
  • Le mal aimé Superman Returns qui m'a fait ressentir de l'empathie pour le personnage d'un demi dieu.
  • La trilogie Spider-Man de Sam Raimi où à certains moments je pouvais me sentir proche du héros.

Un peu ma réaction quand je suis sorti de salle...

Et parmi ces licences, qu'apporte Avengers 2, 10ème film d'une franchise qui a eu le temps de s'installer et qui risque de perdurer ? Des punchlines et de l'action, le tout associé à un traitement des personnages minimaliste et mal incorporé au rythme... Certains critiquent Amazing Spider-Man, Transformers, mais dites moi c'est différent en quoi avec Avengers 2 ? Vous me direz que les scènes d'action sont meilleures ou le côté jouissif des héros... Mais comment se sentir concerné par ce spectacle un peu vain qui, finalement, ne renouvelle pas le genre. Parce que oui même techniquement et en excluant le manque d'enjeu; Avengers 2 est en terme de spectacle, assez commun quand on le compare aux blockbusters actuels. Vous allez dire "Mais vous êtes fou ?" et à ça je répond "Oh non".

Déjà rien que visuellement. La photographie de ce film est d'un quelconque assez frappant, voir pire, par moment c'est à la limite du dégueulasse. Et là je pense aux passages en Afrique, noyés sous une colorimétrie jaune pisse absolument ignoble, donnant un aspect assez cheap à l'image. Avengers 2 c'est laid. Et pour ceux qui contestent, je me suis regardé il y a peu The Lone Ranger, et si vous voulez une photographie intéressante, allez voir chez Verbinski. Rien que sa manière d'user des teintes de l'environnement et de la lumière naturelle pour obtenir un aspect désaturé sans pour autant virer aux Cinquante Nuances de Gris, vaut bien plus le coup d'oeil que n'importe quel plan du film Avengers 2. J'en parle, parce que oui je suis très sensible à la qualité de la photographie d'un film car, à mon sens, c'est un point bien trop sous estimé par les spectateurs et pourtant c'est l'élément qui met le plus en valeur le travail de l'ensemble de l'équipe technique.

Bien sur ce que recherchent réellement les fans dans ce genre de film c'est la qualité du BOUM BOUM et à ce niveau... ça fait le job mais sans plus. En fait Avengers 2 est victime du phénomène dont son prédécesseur est à l'origine : maintenant tout le monde fait dans la surenchère avec plein d'effets spéciaux spectaculaires. Et cette suite n'apporte rien de visuellement nouveau et a plutôt tendance à se noyer dans la masse entre Man of Steel, Transformers 4, le premier Avengers, Captain America 2, Pacific Rim...Avengers 2 ne propose rien de nouveau et de remarquable dans ses scènes d'actions. C'est toujours bien fait, si l'on excepte quelques fautes de raccords avec des positionnements de personnages hasardeux dans l'action mais... c'est sans plus. Évidemment le plaisir de voir ces jouxtes doit être renforcé pour le fan de comics qui a l'occasion de voir ses héros préférés se mettre sur la tronche sur grand écran mais honnêtement il ne faut pas avoir vu grand chose pour être impressionné par Avengers 2. Alors attention, il est évident qu'il propose plus d'action que le premier volet et des séquences de plus grande ampleur... Mais dans cette somme de "plus" il manque simplement l'effet "Wow" qui pouvait accompagner le précédent... Et vu que maintenant tout les blockbusters se sont calés sur le niveau de démesure de la licence et bien Avengers 2 ne parvient plus à se distinguer.

Donc en conclusion de cette longue critique, il est temps de faire le bilan de ce qu'il reste à Avengers 2... c'est à dire pas grand chose en fin de compte. Peinant à créer de l'enjeu, à apporter une substance convaincante à une licence dont le besoin de finalité semble avoir échappé à ses producteurs, ce film marque clairement une nouvelle ère dans la franchise : celle du ras le bol d'assister à des épisodes de série télé avec juste de meilleurs acteurs que dans Agent of Shield et un plus gros budget... Alors plutôt que de nous teaser en nous présentant un nouveau MacGuffin dont personnellement j'en ai rien à battre, il serait temps que Marvel se décide à renouveler sa formule semblant avoir un sérieux coup dans l'aile. Nul doute que malgré cela les fans aimeront, mais dans l'avenir il ne restera pas grand chose qui sauvera ce Avengers 2 qui se noiera dans l'oubli comme des larmes dans la pluie.

 

Le Did You Know de Hunter Arrow, en dédicace à Leyla :

Savez vous que Robert Downey Junior s'est fait remarqué avec James Spader dans le film "Neige sur Beverly Hills", acteur avec lequel il partage l'affiche dans ce Avengers 2, l'ère d'Ultron. En effet, Spader donne sa voix au robot créé par Tony Stark interprété par Downey Junior. Mais la coïncidence la plus amusante reste quand même celle ci : Alors qu'il était au fond du trou, Downey Junior a pu ressurgir un instant grâce à la série Ally McBeal, produite par David E. Kelley. Et si il ne resta pas longtemps, car fut vite viré en raison de ses excès, son passage marqua la série. Et James Spader, lui même en période de disette artistique a pu retrouver un rôle où briller durant cinq saisons dans l'excellente série Boston Justice... série elle aussi produite par David E. Kelley. C'était l'anecdote à sortir à vos copains... et essayez de vous mater Boston Justice car c'est vraiment bien et en plus il y a William "Kirk/Hooker" Shatner.

"C'est moi ou on vient un peu de se faire défoncer là ?"

 

L'avis court de Vivien  

Avengers 2 peine à orchestrer harmonieusement ses moments de bravoure et s'enterre donc dans une intrigue bordélique elle-même noyée dans des gloubi-boulgas mytholo-scientifiques qu'un mec comme moi qui a ignoré 90% de la phase 2 de Marvel ne peut pas vraiment comprendre ou s'en soucier. Le film témoigne bien malheureusement d'un trop-plein dans l'univers Marvel et avec cet opus à l'intrigue précipitée Joss Whedon ne parvient ni à créer l'excitation, hormis pour la scène du hulkbuster qui est quand même plaisante, ni à susciter l'attente pour tout ce que Marvel pourrait faire par la suite. ça se regarde et ça reste supprêmement débile, mais vous me reverrez certainement pas sur Ant-Man. Oh que non putain.

Publié dans Sorties Ciné

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Hunter Arrow 02/05/2015 03:21

Vivien ton avis résume merveilleusement ce que je pense du film et essaie d'expliquer... Bien vu.

Sinon je pense que Ant Man sera le grand oublié des films d'été critiqués... T'as pas envie de le voir, j'ai pas envie non plus... Edward ne fait plus de critiques pour l'instant donc ne traitera pas le film, Yoyo n'est pas intéressé par ce film... En définitive il va passer à la trappe... Lui et les autres Marvel car là ça va être sans moi pour cette franchise à partir de maintenant.