Terminator Genisys : He's be back...

Publié le 12 Juillet 2015

Un film de Alan Taylor avec Arnold Schwarzenneger, Emilia Clarke, Jai Courtney, Jason Clarke

L'histoire : Alors que l'Humanité est en voie de remporter la guerre contre les machines, Kyle Reese est envoyé en 1984 pour sauver Sarah Connor...

Cela ne vous aura pas échappé pour peu que vous suiviez un tant soi peu l'actualité cinématographique : le trip revival de licences est complètement dans l'air du soir... Qu'il en soit de Jurassic Park avec Jurassic World, Star Wars dont le 7ème volet arrive sur nos écrans en décembre prochain, Rocky dont le spin-off "Creed" est en attente, Mad Max qui étalait toute la fureur de sa folie dans sa 4ème itération qui a conquis les critiques et le public... Enfin bref, là où l'on voit que les nouvelles franchises sont à la peine (suffit de voir le four de Tomorowland), il est tentant pour les producteurs de se tourner vers l'héritage du passé et de tenter une réactualisation de celui-ci, pour le plus grand bonheur des fans. Et évidemment c'est ce qui se passe avec ce Terminator Genisys. Passant après des épisodes 3 et 4 décriés (plus ou moins à tort en particulier Terminator Renaissance), Genisys à fort à faire pour conquérir le coeur déjà éprouvé des aficionados d'une licence qui a perdue de son aura (bon après on n'en est pas encore au point de Highlander).

Mais avant d'aller plus loin dans l'étalage purement égocentrique de mon avis, qui forcément est la seule vérité absolue pouvant demeurer sur cette Terre et dans l'univers des multiples dimensions, un petit retour sur les films Terminator s'impose. Je vais tenter d'être clair et concis.

Terminator 1 : il révélait un réalisateur qui avait la gnac, n'hésitant pas à mettre toutes ses économies dans ce projet de SF, pourtant simple "série B"... Et la gnac de James Cameron s'impose aux yeux du spectateur qui se retrouve plongé dans une oeuvre au rythme effréné, mis en scène avec une maitrise formelle assez impressionnante compte tenu du budget limité de l'ensemble. Le tout est foutrement divertissant mais aussi et surtout complètement culte. Rien que pour tout ce qu'il peut représenter, il est mon Terminator préféré.

 

Terminator 2 : la réputation de ce film n'est plus à faire non plus. Loin d'être une simple redite du premier avec plus de budget, nous sommes face à un long métrage qui pousse plus loin les concepts mis en place par son prédécesseur sans pour autant virer dans une surenchère nuisant à la dramaturgie de l'ensemble. Un de ces rares films que je peux regarder en me disant qu'il n'y a absolument rien à jeter ou rajouter... enfin presque. Parce que pour tout ce qu'il a d'excellent en terme de divertissement, il faut reconnaitre que si il y bien un épisode qui a contribué à emmêler le goulache en terme de cohérence dans la franchise, c'est bien celui-ci. En effet en terme de logique de voyage dans le temps, le premier était parfaitement clair avec son idée de conclure sur une "boucle". En revanche ici, on rentre dans une logique plus de liens de causes à effets ne se prenant pas la tête avec l'idée de paradoxes temporels. Si cela permet au récit d'entrer dans une dimension plus optimiste, il faut bien reconnaitre qu'en terme de cohérence ça commence à baisser et c'est ici que l'on peut retrouver l'origine du "mal" de Terminator Genisys.

Terminator 3 : Là on rentre dans le côté obscur de la saga au cinéma. Fait pour des mauvaises raisons et manquant clairement d'un concept fort sur lequel se reposer pour légitimer son arrivé dans la franchise et se démarquer positivement dans celle-ci, T3 souffre clairement du syndrome "ça a déjà était fait mais en mieux". Malgré l'évolution des techniques en matière d'effets spéciaux permettant un spectacle se voulant plus impressionnant, le film tourne à vide, manquant de moments marquants si l'on excepte sa fin. Après dans les faits il demeure un divertissement acceptable, plutôt bien rythmé et emballé sans honte. On peut aussi rajouter que si sa fin peut déplaire dans le fond, retirant la note d'espoir laissée dans le 2 et trahissant celui-ci, la mise en scène de ce passage fait partie des fulgurances qu'à eu le réalisateur. De plus le film parvient à être raccord avec la logique des précédents épisodes, parvenant à justifier le fait que la franchise se poursuive et renouant avec l'idée du premier film tout en incorporant une dose d'imprévisibilité au futur. Donc oui pour ceux qui adorent le 2, je peux comprendre la trahison. Toutefois on peut difficilement parler d'un "manquement" vis à vis de l'esprit de base quand, au contraire, on renoue avec celui-ci... Après je partage l'idée qu'il est dommage que cet opus rende vains les évènements survenus dans T2 et c'est surement une des raisons qui m'empêche d'apprécier ce 3ème volet.

Terminator Renaissance : Injustement méprisé, ce film vaut bien plus que ce que sa réputation désastreuse laisse paraitre. Bien sur il a de gros défauts, nuisant clairement à la qualité de l'ensemble. Dans ce domaine on peut souligner un univers post apocalyptique manquant de personnalité nous renvoyant de façon trop évidente à celui de Mad Max. Le tout n'est pas aidé par le fait que le film semble piocher un peu partout dans le paysage des blockbusters de "l'époque". On notera aussi des relations entre les personnages complètement inexploitées voir mal traitées malgré de bons interprètes. Et enfin je me dois d'ajouter dans la liste des défauts un final mollasson trainant en longueur. Mais il ne faut pas en occulter les qualités pour autant. La première reste son aspect "pur entertainment" assez efficace. Les scènes d'actions proposent une mise en scène aussi spectaculaire qu'intense et pour le coup offre du renouveau dans la licence, là où ces dernières se répétaient dans le III. On remarquera aussi de bonnes idées assez risquées dans le scénario. Là où il aurait été plus simple mais surtout plus putassier de nous présenter un futur comme dans T1 et T2, Renaissance prend le parti de situer son action dans les prémices de la lutte contre les machines, prenant place après T3, et ainsi il ouvre des portes à l'extension de l'univers Terminator sans non plus laisser une impression d'inachevé. Beaucoup de fans hurlant sur le film ont tendance à l'oublier, reprochant bêtement l'absence d'arme laser, quand pourtant le contexte nous fait clairement comprendre pourquoi si tant est que l'on réfléchisse. Donc à mon sens, ce film bien qu'oubliable, demeurait bon. Il n'était peut être pas le Terminator que les fans voulaient mais c'était celui qu'il fallait pour relancer de façon intéressante la saga...

Terminator Genisys : He's be back...

Mais et pour Genisys ?

Après cette longue aparté qui était essentielle pour replacer le contexte, je me dois de vous parler du sujet qui donne le nom à cet article, à savoir Terminator Genisys, aka le film dont tout le monde connaissait le twist central grâce à une promotion désastreuse. Alors je sais que juger un film sur ses erreurs de communication n'est pas une chose à faire. Toutefois comment ne pas relever cette aberration dont la teneur n'en devient que plus grande quand vous vous apercevez qu'elle gâche sans doute l'une des seules bonnes idées qu'a eu ce long métrage et par la même l'un de ses rares bons passages. Et c'est à la lecture de ces lignes que vous devez avoir compris mon ressenti sur cet épisode : je ne l'ai pas aimé... Voir même on peut dire que je l'ai détesté et que voir qu'il jouit d'une réputation plus "recommandable" que les deux opus étant sortis précédemment; cela me fait vomir. Et pourquoi ? C'est ce que je vais vous expliquer dans les lignes qui suivent.

Déjà commençons par exorciser ce qui m'a le plus atterré et qui demeure de l'ordre du subjectif, je le conçois. Nous connaissons tous une personne dont la priorité dans la vie semble être de pourrir celle d'autrui. Ce genre de personnes pour qui tout ce que font les autres c'est de la merde, mais quant à eux ils sont incapables de faire mieux. On appelle ça dans le langage commun des "bons gros connards". Et bien il existe encore pire que ces personnes. En effet il y a ceux qui considèrent que tout ce que font les autres est mauvais, s'estiment meilleurs, mais à côté vont reprendre les idées de ces autres personnes pour se les attribuer eux mêmes... Là il n'y a plus assez d'expression dans le langage lexical Français, Chinois, Mésopotamien pour définir ces espèces de trous de balle sur pattes. Et bien figurez vous que c'est exactement ce qu'est Terminator Genisys selon moi. Concrètement le film n'a que deux bonnes idées pour lui à savoir celle qui a été outrageusement spoilé dans la bande-annonce et l'inversion des rapports entre le personnage de Kyle Reese et Sarah Connor... Alors il en a une autre idée, cette reposant sur le concept d'exploiter l'imagerie des deux opus originels pour mieux leur cracher à la tronche... mais vu tout ce que cela implique en terme d'incohérence dans la saga et dans le film lui même, on peut difficilement qualifier ça de bonne idée mais plutôt de tentative désastreuse pour astiquer le fan dans le sens du manche avec une imagerie putassière destinée à lui faire souiller son pantalon... Ce défaut que l'on a attribué à tort à Jurassic World (en effet le film prenant la peine de poser un nouveau contexte et d'avoir un propos, l'imagerie recyclée de Jurassic Park prend un tout autre sens et a de l'intérêt); devient bien plus évident quand on se retrouve devant Terminator Genisys. La faute à un scénario mal construit.

L'origine du bordel

Commençons à l'origine du problème : Terminator II. En effet comme je l'ai dis plus haut, malgré ses qualités, c'est lui qui met un peu le bordel dans la logique de voyage dans le temps installé dans le premier volet. Mais il faut aussi donner un contexte à la chose : le film est sorti dans les années 90, époque où l'on coupait moins les cheveux en quatre sur la question du voyage temporel au cinéma. De plus T2 était là pour conclure la saga, c'était le souhait de James Cameron et c'est pour cette raison qu'il ne souhaita pas être impliqué dans les suites (sauf quand on lui tend un gros chèque). Pour s'en convaincre il suffit de voir la fin alternative. Pourtant il y en a eu et gueulez autant que vous le souhaitez, il faut reconnaitre que Terminator 3 avait le mérite d'être cohérent tout comme Terminator Renaissance. La saga a ainsi acquis la logique suivante : la cause et l'effet et surtout l'absence de paradoxe temporel (sinon ça devenait le bordel). Un évènement avait lieu dans le passé, le futur était modifié, toutefois tout les intervenants ayant agis dans le passé, même si ils provenaient du futur, n'étaient pas effacés ainsi que leurs actions à partir du moment où ils se situaient encore dans le passé; intégrant ainsi l'époque où ils se trouvaient (sinon les évènements de T2 n'auraient jamais pu avoir lieu et se seraient auto-annulés). En gros on peut comprendre la chose suivante si on ne veut pas se prendre la tête. Et c'est sur cette logique que se construisaient les suites de la saga en impliquant suite à T2 l'idée que le futur a été modifié.Mais bien sur, vu qu'il faut faire plaisir aux fans qui n'aimaient pas ces épisodes, on fout en l'air cette logique avec Genisys; supprimant ainsi les volets conspués de la timeline et ainsi on en vient à faire un film nageant en pleine terre de confusion.

Car oui là est le soucis de TG (marrant comme les initiales de ce film forment l'acronyme de l'expression "Ta Gueule") : son scénario et sa logique sont sans queue ni tête par rapport aux anciens épisodes, mais aussi par rapport à lui même. Attention, c'est à ce moment que vous entrez dans la zone spoiler.

SPOILER

Terminator Genisys, semble prendre part avant les évènements de Terminator 1 dans le futur, juste avant que Kyle Reese ne soit envoyé dans le passé pour protéger Sarah Connasse et sa progéniture future (et par la même occasion, la concevoir). Or, pendant l'envoie de Kyle, John se fait attaquer par Skynet, ce qui est un premier bouleversement par rapport au premier film où visiblement cela ne s'était pas produit. Ensuite, Kyle arrivant dans le 1984 du premier film découvre que Sarah Connor n'a rien de l'innocente et frêle jeune fille auxquels les spectateurs pensaient être confrontés, mais est déjà une guerrière qui a échappé dans sa jeunesse à une tentative d'assassinat et elle se promène avec son T800 personnel. S'ensuivra une première partie putassière qui utilisera, voir repompera l'imagerie des premiers films à coup de T1000 présent on ne sait pas pourquoi, d'un Schwarzy rajeuni qui sera là juste pour le clin d'oeil... Sauf que oui c'est bien mignon tout ça mais cela n'a aucun sens. Visiblement l'un des évènements modificateur c'est l'envoie d'un Terminator en 1973 pour tuer Sarah quand elle était enfant. Soit, pourquoi pas. Sauf que par effet de causalité cela aurait forcément modifié le futur passé et ainsi les machines n'ayant plus les mêmes bases de données n'auraient eu aucune raison pour envoyer le T800 en 1984 à Los Angeles... puisque normalement ce n'est plus la même Sarah Connor et qu'elle a disparu pour se protéger... Alors après il y a bien la thèse de l'univers parallèle que vous pourrez trouver sur la page Wiki du film mais là aussi c'est tout aussi bancal... J'ai vraiment essayé de prendre le problème de la timeline de Genisys par tout les bouts possibles et à aucun moment elle ne fonctionne.... Et ce qui m'énerve le plus c'est que si les scénaristes n'avaient pas cédé aux fanboys et avaient intégré T3 et Renaissance et bien ils auraient pu faire quelque chose qui aurait pu tenir la route et relier les wagons avec Terminator 1 tout en légitimant les différences des films...Au risque de me répéter, Renaissance avait le mérite d'ouvrir des portes, Genisys lui agit tels le déménageur peu consciencieux tentant de faire passer un meuble trop volumineux par une porte trop étroite, au risque d'en abimer le dit meuble, la porte et le mur avec ça...

FIN DU SPOILER

Mais bon soyons honnête, je râle longuement après la continuité, mais ceci est contradictoire quand on sait que j'ai défendu les "incohérences" de continuité d'un film tels que X-Men First Class et que j'ai beaucoup aimé Days of the Futur Past... Mais ces deux films ont une chose que ne possède pas Terminator Genisys : ce sont de bons films. Parce que oui, TG n'est pas vraiment bon. Les scènes d'actions sont molles. Car même si elles ont le mérite de nous épargner la shacki-cam, il faut bien admettre qu'il manque à la réalisation de Alan Taylor un sens du grandiose assez certains. Il a beau bénéficier de grosses avancées technologiques, il demeure incapable d'intégrer les enjeux à son action et ainsi transcender cette dernière... Syndrome Terminator 3 si j'ose dire... et encore ce dernier faisait mieux au niveau de l'action puisqu'il nous épargnait des séquences dignes d'une cinématique sur PSone telle que la poursuite en hélicoptère de TG. Si bien que je me suis ennuyé ferme devant ce Genisys, trouvant le temps particulièrement long et lorsque le générique est arrivé ce fut une délivrance.

Ajoutez à cela les personnages étant complètement à côté de la plaque. Si j'ai apprécié au début l'idée de l'inversion des rôles entre Kyle Reese et Sarah Connor, très vite cette fulgurance est devenu redondante. En effet le personnage de Reese fini par être totalement massacré à cause d'un mauvais équilibrage, le faisant passer de celui qui découvre une situation à celui qui en sait moins que le spectateur... et ces personnages sont souvent désagréables à suivre. Et si son traitement s'améliore dans la seconde partie, au même titre que le film qui semble enfin décoller et trouver un sens, il n'en demeure pas moins que j'ai du mal à retrouver dans l'interprétation de Jay Courtney ce personnage... D'ailleurs c'est aussi le cas pour Sarah Connor. Si bien que lorsque TG fait enfin un emprunt subtil à la saga en reprenant dans une scène les "poses" iconiques de ses protagonistes, l'effet tombe à l'eau car ils ne sont plus les héros que nous connaissons... juste des acteurs dans un cosplay de ces héros et qui prétendent être ceux-ci. Et Schwarzy me demanderez vous ? Et bien si il faut admettre que le retrouver dans la peau du T800 fait plaisir à voir, l'effet sera contrebalancé par un traitement bien trop "comic relief" du célèbre androïde mono-expressif (ceux qui râlait après T3 pour cet aspect on dû bouffer leur fauteuil de rage pendant TG).

En conclusion :

A mon sens, Terminator Genisys est le plus mauvais opus de la franchise, mais en plus c'est un film médiocre et terriblement plat, manquant de punch, d'enjeux et surtout de cohérence qu'il en soit avec la licence ou avec lui même. Au niveau du "pur divertissement" c'est tout juste de l'ordre du "passable", la faute à une réalisation peu inspirée peinant à créer des moments de bravoure remarquables. A éviter...

Rédigé par Hunter Arrow

Publié dans #Sorties Ciné

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Commenter cet article

mr-edward 14/07/2015 22:54

Cette critique ne peut pas être bonne étant donné que tu n'est que trop gentil concernant Terminator 3

mr-edward 15/07/2015 14:33

C'était juste une plaisanterie. Je n'aime pas du tout Terminator 3, mais honnêtement, je m'en contre-fous qu'on l'encense ou tout du moins qu'on y trouve des qualités.

Hunter Arrow 14/07/2015 23:57

Non je le juge uniquement pour ce qu'il est réellement. A savoir un film pas extraordinaire, voir moyen mais pas aussi honteux que ce qui est prétendu. Les scènes d'action sont de qualité, alliant CGI et effets réels assez efficacement (à l'inverse de Genisys), il ne lance rien de incohérent dans la saga (à l'inverse de Genisys), les effets numériques sont réussis (à l'inverse de Genisys), il a quelques idées de mise en scène (à l'inverse de Genisys) et il n'essaie pas de se reposer uniquement sur du fan service pour combler son manque d'intérêt (à l'inverse de Genisys). Tout ça pour dire que si l'on doit considérer T3 comme étant une honte absolue dans la saga, qu'en est il de Genisys qui accumule encore plus de tares pour à peine plus de qualités ?