Micro-critiques en vrac, Partie II

Publié le par Hunter Arrow

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Micro-critiques en vrac, Partie II

Deuxième et dernière partie pour ces films non traités dans l'année. Alors si dans la première partie j'ai eu, par pur hasard du calendrier, la chance de ne parler que de films que j'ai globalement beaucoup aimé , cette seconde partie va être un peu moins enthousiasmante...

 

Deadpool

Sortie le 10 Février 2016 en France. Un film de Tim Miller avec Ryan Reynolds, Morena Bacarin.

L'Histoire : Wade Wilson est un mercenaire à la langue bien pendue. Lorsqu'il découvre qu'il est atteint d'un cancer incurable, il décide de participer à un mystérieux projet censé non seulement le guérir, mais aussi faire de lui un super-héros. L'opération va réussir en partie, mais ce au prix de souffrances et de finir défiguré. Bien décidé à se venger, Wade prendra le nom de Deadpool et ne va laisser que cadavres et vannes obscènes dans son sillage.

Verdict : Annoncé comme le renouveau du film de super-héros, comme étant une œuvre irrévérencieuse qui va dynamiter un genre devenu trop sage; Deadpool ne parvient à être qu'une sympathique comédie d'action sans grande ambition. Pour tout dire je suis vraiment étonné de la hype qu'il reçoit, comme si il était le film le plus "jouissif" et "irrévérencieux" du genre. Ok, l'aseptisation des produits Marvel l'a peut être fait oublié à certains, mais il y a clairement plus surprenant et surtout moins plan plan que ce Deadpool. Rien que Kick-Ass ou Kingsman sont à eux seuls bien plus "politiquement incorrect" que le basique film de Tim Miller. Bon c'est divertissant, certaines vannes font mouches et étant moi même bon public, je ne peux pas dire que j'ai passé un mauvais moment devant. Bien au contraire. Mais de là à avoir trouvé ça marquant... Non clairement non. En premier lieu on notera un script gentillet qui n'ose pas allez assez loin avec son sujet. Pire encore si il semble se moquer des clichés inhérents dans ce type de production et chez la concurrence, il s'y engouffre pourtant avec un premier degré faisant mal à voir. Car là est la grande faiblesse du film : si son humour semble désamorcer les enjeux, pouvant donner l'impression d'un second degré continuel, il y a tout de même des moments où, pour se légitimer, Deadpool semble avoir besoin d'être sérieux. Et je comprend ce besoin, faut donner de l'enjeu à tout ça sinon ce serait vain. Sauf que les enjeux ne sont pas passionnants, reprenant l'idée de la demoiselle en détresse à sauver. Alors oui les blagues, l'implication de Ryan Reynolds, offrent au projet un capital sympathie indéniable. Toutefois, la platitude de la réalisation et l'absence de moments réellement marquants peinent à faire un film si "inventif" que certains osent le prétendre. En conclusion, c'est fun mais c'est tout.

 

10 Cloverfield Lane

Sortie le 16 Mars 2016 en France. Un film de Dan Trachtenberg avec Mary Elizabeth Winstead, John Goodman, John Gallagher Jr.

L'Histoire : Après un accident de voiture, une jeune femme va se réveiller dans le sous-sol d'un mystérieux bienfaiteur aux motivations troubles. Alors qu'elle souhaite rejoindre l'extérieur, son "sauveur" lui annonce qu'après une suite d'attaque chimique, il est devenu inhabitable. Il va s'en suivre un huis clos où la menace extérieure semble toute aussi présente que celle intérieure...

Verdict : 10 Cloverfield Lane est un très bon film pendant à peu près 1h10 avant de virer au n'importe quoi et s'enfoncer dans tout les pires clichés possibles. Pire encore, le projet souffre de son origine bâtarde où l'on a l'impression que deux idées contradictoires ont été maladroitement assemblées. D'un côté on a le film de Dan Trachtenberg, huis clos habile usant de son meilleur atout : John Goodman. Imposant sa présence massive et sa mine patibulaire, l'homme ne cessera de souffler le chaud et le froid, le rassurant et le franchement flippant. Il est clairement l'attraction principale de ce film, même si le reste du casting est aussi très convainquant. Une grande partie de la tension repose sur cette idée d'être enfermé avec une menace indéterminée sachant que dehors il y a une autre menace toute aussi indéterminée. Et ce suspens fonctionne très bien, distillé au sein de scènes de tension à l'efficacité indéniable. Puis il y a l'autre projet : celui de faire une suite à Cloverfield mais pire encore, de faire un basique film hollywoodien bâclant la résolution de sa principale intrigue comme un bête slasher (avec tout les clichés inhérents au genre) pour ensuite verser dans le grand guignolesque avec un climax finalement à peine assez bon pour être une scène d'action intermédiaire dans un autre film de genre. Et c'est.... c'est reloud pour parler comme un gars de 80ans pense que parle un jeune de 15 ans. Non mais plus sérieusement gâcher un bon concept de base certes, peu original, mais efficacement exploité pour virer dans un autre genre juste pour se démarquer, mais en plus en le faisant mal; et bien c'est juste naze et cela gâche ce qui aurait pu être un chouette huis clos où il n'y aurait rien eu à redire. Parce que vouloir se démarquer c'est bien, mais le faire comme le ferait un cancre qui balancerait ses crottes de nez sur le professeur, non là c'est loin d'être constructif comme démarche. J'achèverai cette critique avec une citation de Mr Edward : "Un film c'est comme un match de foot, ça se joue jusqu'à la dernière minute". Pour une fois que ce mec a sorti quelque chose de pertinent, autant que ça serve.

 

X-Men Apocalypse

Sortie le 18 Mai 2016 en France. Un film de Bryan Singer avec Jennifer Lawrence, James McAvoy, Michael Fassbender, Sophie Turner

L'Histoire : Apocalypse, le premier et surement le plus puissant des mutants s'est réveillé après avoir été enfermé par l'Humanité qui s'est révoltée contre lui. Décidé à se venger, il va recruter plusieurs mutants dont Magneto afin de détruire le monde tels que nous le connaissons. Xavier et ses X-Men vont tenter de résister.

Verdict : La Bande-Annonce faisait peur, le résultat final confirme les craintes. Si X-Men Apocalypse est indéniablement divertissant car offrant une réalisation marquant quelques coup d'éclats et un spectacle plutôt sympathique à suivre; il se révèle être l'un des opus de la saga les plus inintéressants avec X-Men 3 (qu'il surpasse quand même). Bryan Singer est un réalisateur que j'aime beaucoup, dont la réalisation s'est plus souvent distinguée de par sa sophistication que son ampleur spectaculaire. Le bonhomme a toujours cherché à offrir une approche plus "intellectuelle" de ses oeuvres, jouant énormément sur le sens donné à chaque plan pour poser ses personnages, le contexte de leurs actions. Mais force est de constater que même avec le très bon Days of the Futur Past il a perdu cet aspect "sous-jacent" qu'il donnait à sa mise en scène pour se consacrer davantage au spectacle immédiat. Toutefois dans ce volet il échappait à l'insipidité grâce à une écriture intéressante et surtout un focus demeurant sur l'Humain ou plutôt le Mutant. Ainsi la résolution de Days of Futur Past ne tenait pas dans une explosion mais dans le choix d'une personne et ça... putain c'était beau.

Mais là avec Apocalypse, Singer disparait et il achève son récit dans un fracas d'effets numériques censés nous en coller plein les mirettes. Pire encore, il détruit tout ce qui a contribué à la crédibilité de son univers au sein d'une scène à Auschwitz particulièrement signifiante quant à la direction prise par la franchise. A savoir, on se calque sur Marvel, faisant des divertissements avec certes un peu plus de prise en compte des enjeux de l'histoire, mais finalement assez dispensables. Et c'est dommage parce que X-Men méritait mieux que çà. Même si le revirement était annoncé depuis First Class (assumant totalement son côté pop), il demeurait dans cette licence une vision allant au delà de l'entertainment basique, de par son traitement des personnages, ses thématiques. Mais là, tout ça a disparu et on en vient à avoir un récit insignifiant, justifiant sa durée en meublant à l'aide d'ajout de pur fan-service tels que toute cette scène inutile pour la continuité de l'intrigue dans la base militaire. Non vraiment, même si le film demeure agréable à voir pour qui veut juste se divertir, ce Apocalypse reste une déception car annonciateur que visiblement la saga n'a plus rien à offrir de nouveau.

 

Voilà c'est tout pour le rattrapage des sorties ciné en ce qui me concerne. The Neon Demon aurait pu s'y trouver mais je me suis rendu compte en cours d'écriture que le film m'offrait assez de matière pour sa propre critique en plus longue.

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yoyo114 06/08/2016 11:08

Pour ma part, alors que Kick-Ass m'avait beaucoup plu, j'ai été un peu déçu par Kingsman sur pas mal d'aspects. Quant à Deadpool, vous me direz que je ne me renouvelle pas, mais : ça ne me dit vraiment rien. Vendre le politiquement incorrect comme argument marketing, c'est déjà un pétard mouillé en soi, car un vrai film politiquement incorrect par définition sera plutôt désavoué par ses producteurs. Par exemple, les films de Paul Verhoeven : je vais d'ailleurs faire la critique de son tout dernier.

Sinon, excellentes critiques hunter, et je me suis permis de voir que tu préparais The Neon Demon dans les brouillons. Please, je suis impatient de la lire !! :-)

Hunter Arrow 09/08/2016 07:09

Bien vu pour ta remarque concernant le politiquement incorrect. Si c'est politiquement incorrect, par essence on ne peut pas le vendre car trop "segmentant". Et en effet dans cette spécialité on peut citer le grand Verhoeven dont j'ai loupé le dernier film au cinéma. En revanche si j'ai davantage cité Kick Ass et Kingsman que n'importe quel film du Hollandais, c'est davantage en raison du fait que ces films ciblent le même public qu'un Deadpool et que dans un même registre ils se révèlent, selon moi, bien plus impertinents. Même si on sera d'accord que face à du Verhoeven, ça reste du Adibou de l'impertinence.

Pour ma critique de Neon Demon, je me retrouve face au même problème rencontré que devant Only God Forgives à l'époque... En pire. Mais elle va arriver, je pense l'achever dans la semaine même si cette dernière est assez chargée.