Jack Reacher, une comédie dramatique avec Tom Cruise (ou pas)

Publié le 25 Décembre 2012


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Il fait nuit. Accompagné d’un ami cinéphile, je pousse la porte battante de mon cinéma endormi. De larges affiches tapissent les murs. Quel film choisir ? Ces dernières semaines ont été assez vides en terme de films. A ma gauche, Marc-André Grondin et ses lèvres tuméfiées dans une adaptation de Victor Hugo. A ma droite, un indien tout seul avec un tigre. Devant moi, Tom Cruise fait son Chuck Norris. D’instinct, nous choisissons le film avec Tom Cruise. C’est risqué, mais au moins, il y a de l’action, et il y a une blonde pulpeuse en deuxième rôle.

 

De quoi ça parle ?

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Un homme armé fait retentir six coups de feu. Cinq personnes sont tuées. Toutes les preuves accusent l’homme qui a été arrêté. Lors de son interrogatoire, le suspect ne prononce qu’une phrase : « Trouvez Jack Reacher. »
Commence alors une haletante course pour découvrir la vérité, qui va conduire Jack Reacher à affronter un ennemi inattendu mais redoutable, qui garde un lourd secret.

 

Qu’est-ce que ça donne ?

 

L’affiche fait très peur, le résumé aussi. Pourtant, à sa sortie, Jack Reacher a convaincu à la fois le public et la critique. Même les cahiers du cinéma reconnaissent des qualités au film produit par Tom Cruise et réalisé par un certain Christopher McQuarrie. Pourtant, même avec cet engouement, je restais affreusement sceptique. Je me disais : « Ce truc ne peut pas être un chef d’œuvre, quand même ! »

 

Comme prévu, en effet, Jack Reacher n’est pas un chef d’œuvre, loin de là (il n’en a pas l’ambition d’ailleurs), mais ça reste une surprise. Ce qui surprend le plus, c’est l’incroyable précision de la mise en scène, dont la virtuosité saisit le spectateur pendant l’incroyable scène d’ouverture. Une fois le premier quart d’heure passé, le réalisateur est moins audacieux, mais le filmage reste tout à fait correct.


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Venons-en à l’intrigue. L’originalité du film réside dans son exploration de la nouvelle peur américaine : le meurtre de civils innocents, un peu comme le massacre d’Aurora ou de Newtown. Au début du film, un homme tue cinq personnes en pleine rue, cinq personnes qui n’avaient aucun lien entre eux, cinq personnes qui ne trempaient dans aucune magouille. Mais Jack Reacher va vite découvrir que les choses sont plus complexes qu’il n’y paraît. C’est d’ailleurs le problème du film : dans la deuxième partie, Jack Reacher devient un thriller politique comme il en existe des dizaines, avec la fantasmatique avocate qui veut faire éclater la vérité (interprétée par Rosamund Pike, assez peu convaincante), et qui fait profiter le spectateur de ses magnifiques décolletés carrés, triangulaires, ovales et j’en passe. Bref, l’intrigue devient vite prévisible avec les inévitables poncifs du genre. Et pour ceux qui s’attendent à un film d’action, passez votre chemin : on est plutôt dans le polar, avec des scènes d’actions rares mais incroyablement filmées.

 

Alors, pourquoi le film est plutôt une bonne surprise ? Parce que Jack Reacher joue la carte de la dérision. Tom Cruise fait son Chuck Norris, et si on le prend au second degré, c’est un pur plaisir. Le film est émaillé de répliques telles que « Ils vous tueront s’ils me trouvent. Et ça, ça n’arrivera pas ». Tom Cruise tabasse cinq personnes en même temps, Tom Cruise a l’idée que les autres n’ont pas, Tom Cruise évite les balles en passant entre les pierres. C’est jouissif. Dans les bons points du film, notons aussi le réalisateur Werner Herzog (Aguirre), qui joue un rôle volontairement cliché, celui du mafieux qui a passé des années dans les geôles russes et qui a survécu en… (non, je  ne vais pas vous gâcher le suspense). Robert Duvall, quant à lui, est irrésistible en vieux Texan vendeur d’armes et adepte de la guerre. Peut-être un clin d’œil à son rôle oscarisé dans Apocalypse Now.

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Pour conclusionner :

 

Jack Reacher… De grosses ficelles, des baisses de rythme, peu d’originalité, une actrice bonne mais pas bonne. Mais aussi un humour « second degré » ravageur, et des numéros d’acteurs jubilatoires. N’oublions pas la qualité des scènes d’actions. Et puis le principal suspense du film : le second rôle afro-américain va-t-il mourir à la fin ??? Si vous voulez savoir la réponse : courez-voir Jack Reacher.


Note : 3/5

 

Rédigé par yoyo114

Publié dans #Sorties Ciné, #Dans le Magnéto

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mr-edward 21/01/2013 17:44

Une femme "gabardineuse" c'est une femme super mignonne à qui on lâcherait son 06 sans le moindre problème.

Hunter Arrow 20/01/2013 09:44

En revanche personne pour traduire le Hunterien car je pense que le profane découvrant notre blog ne va peut être pas comprendre ce que j'entends par "sens gabardineux du terme"...

Sinon chose qui n'a absolument rien à voir : tu le vois quand Django Unchained ?

leblogdeyoyo114 20/01/2013 09:29

Heureusement que Hunter est là pour traduire le Yoyien

Hunter Arrow 20/01/2013 04:32

Je suppose que Yoyo entends qu'elle est bonne dans le sens gabardineux du terme mais qu'elle ne l'est pas forcément dans le sens "artistique"....

Sinon critique sympa sur ce film que j'ai loupé au cinéma me tâtant pour le voir et ayant finalement décidé que ce serait sans moi... A voir quand il sortira en VOD.

Vivien ne comprend rien 19/01/2013 20:49

Donc elle est bonne ou elle est pas bonne l'actrice ?