Looper : grand film ou film "loopé" ?

Publié le 30 Octobre 2012

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Avec son pitch original, et son casting alléchant (Joseph Gordon-Levitt et Bruce Willis), Looper était un des films les plus attendus de l’année. La bande-annonce un peu WTF ?? pouvait légèrement faire hésiter, certes. Mais voilà que des nouvelles nous arrivent tout droit des states, où le film bénéficie d’un accueil très chaleureux. Quelques semaines plus tard, en France, l’accueil est tout aussi triomphal. On compare même le film à ..... Blade Runner, rien que ça ! Même si je ne considère pas Blade Runner comme le chef d’oeuvre ultime, j’ai quand même un certain respect pour le premier film américain de Ridley Scott. Du coup, j’étais curieux de découvrir Looper. Bon, en fait j’étais très curieux. Car je comptais écrire un roman de science-fiction sur une idée assez proche. Du coup, j’étais “grave véner” (excusez mon langage).

 

Samedi. Il est 16h00. Après trois heures de travail en groupe à l’IESEG, je prends le bus direction le Kinépolis. Mais là, il y a des manifs à l’intérieur de Lille, et il pleut, et le bus ne s’arrête pas là ou je voudrais exactement. M’enfin, j’arrive une minute avant le début du film, je trouve des places correctes. Installé. A bout de souffle. Le petit bonhomme de médiavision me toise du regard et m’adresse un sourire un peu niais. Puis les lumières s’éteignent. La magie du cinéma peut enfin se déployer.

 

De quoi ça parle ?

 

Ca parle de Joe, un looper. Vous allez me dire, qu’est-ce qu’un looper ? Eh bien, à l’époque où vit Joe, la machine à remonter le temps n’existe pas encore. Mais trente ans plus tard, c’est le cas. Donc, quand la mafia veut éliminer des témoins gênants, elle les expédie dans le passé. A la seconde où ils retournent trente ans en arrière, ils se font exécuter par un looper, qui tue donc un homme sans identité. Super coup. Sauf que, parfois, un Looper doit prendre sa retraite. Rien de plus simple. La cible qu’on lui envoie n’est autre que... lui-même. Ainsi, le looper “boucle sa boucle”. Sauf que, quand c’est au tour de Joe de prendre sa retraite, les choses ne se passent pas comme prévu.

 

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Et c’est bien ?

 Finalement, c’est plutôt une bonne chose que ce soit moi qui fasse la critique de Looper, car il faut avouer que je ne partage pas vraiment l’enthousiasme général. Pour faire simple, je trouve que Looper gâche son potentiel à plusieurs reprises, et c’est bien dommage. Ca reste un film de qualité, mais loin, bien loin des Fils de l’Homme, de Blade Runner, de Bienvenue à Gattaca et de toute la clique des films cultes de science-fiction.

 

Commençons par le vrai point positif du film, la réalisation. Eh oui, on aurait pu croire que ce serait le scénario qui allait me renverser. Que nenni, j’ai plutôt été séduit par la mise en scène de Rian Johnson, que je trouve pertinente, sobre et par moments très élégante.

Il en va de même pour le récit. Le film ne se perd pas dans des scènes d’actions inutiles ou des rebondissements faciles. Il y a une volonté évidente de garder une certaine sobriété et un certain raffinement.

 

Mais le problème du film est le problème inhérent à tous les films qui traitent du voyage dans le temps : c’est tout simplement intenable. Chaque film de voyage dans le temps n’a fait que démontrer que ce procédé était inconcevable. Du coup, on se demande sérieusement pourquoi les scénaristes de 2012 peuvent encore tomber dans ce piège. Un seul film a réussi à être cohérent en traitant du voyage dans le passé : L’armée des douze singes, avec sa fin en boucle qui a torturé l’esprit de millions de cinéphiles. Voilà, à part l’armée des douze singes, aucun film sur ce sujet ne tenait la route. La seule façon de réussir son film, c’est donc de ne pas se prendre au sérieux, un peu comme Retour vers le futur, qui mélange comédie, fantastique, romance, aventures, et qui du coup forme un cocktail charmant.

 

Ou alors, deuxième solution, il faut profiter du thème pour déployer des questionnements sur le rapport de l’homme face au passé, à l’avenir, sur les peurs existentielles.

 

Et c’est là la plus grosse erreur de Looper : le film se prend très au sérieux, et paradoxalement, il évite tous les sujets forts que le pitch de départ permettait de développer. Ce n’est pas une petite rencontre de trois minutes entre Joe et Joe + 30 ans dans une cafétéria qui va changer la donne. Au contraire, le film dévie sur un tout autre sujet, que je ne dévoilerai pas, mais qui finalement n’a rien à voir avec les loopers.

 

C’est donc très vite une autre histoire qui nous est racontée. D’ailleurs, ne nous plaignons pas, c’est une histoire très divertissante. Mère esseulé, fils bizarre, ambiance western, mise en scène précise et élégante. Et puis, on est un peu intrigué. On se dit : mais qui est cet homme si immonde que Joe + 30 ans veut absolument tuer dans le passé ? C’est sans doute dans cette partie que Looper se suit vraiment avec plaisir. On en sait un peu plus sur le personnage de Joe, la tension monte tranquillement, et le personnage incarné par Bruce Willis devient assez ambigü

Malheureusement, vers la fin du film, on comprend qu’il n’y a pas de mystère, juste une écriture un peu brouillonne et un dénouement que, personnellement, je trouve très mal choisie.

 

Alors, la fin ne plombe pas complètement le film. Toute cette histoire se suit avec plaisir, malgré quelques longueurs et quelques moments soporifiques dans le ranch. Les scènes avec le petit garçon sont particulièrements réussies, sans verser dans le tape-à-l’oeil.

 

Côté acteurs, tout le monde est plongé dans un mutisme assez déconcertant. Gordon-Levitt singe les expressions faciales de Bruce Willis histoire que l’on ait l’impression qu’il s’agit du même personnage. En attendant, je le trouve toujours aussi inexpressif, et je ne comprends pas les raisons de son succès. Entre The Dark Knight Rises et Looper, son jeu est quasiment identique. Bruce Willis est égal à lui-même, irrésistible mais assez peu crédible. Emily Blunt essaie d’échapper à sa condition zouzbècke de femme faible. Elle joue correctement, disons qu’elle fait le nécessaire. En revanche, les seconds rôles sont plutôt bons, notamment Paul Dano (Little Miss Sunshine) qui fait quelques apparitions particulièrement réussies.

 

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Pour conclusionner :

 

Vous avez sans doute trouvé ma critique un peu dure. En fait, il s’agit surtout d’une manifestation de ma déception. Looper reste un film très divertissant, et je le répète, la réalisation est excellente. Rian Johnson est un nom à retenir. Mais difficile de sortir satisfait de la projection vu l’excellent cru que promettait la bande-annonce. Ca manque clairement de fond. Si Johnson assure au niveau de la mise en scène, il aurait du approfondir son scénario. On a clairement l’impression que Johnson avait pour seul objectif de trouver l’idée qui tue. Youpi, j’ai trouvé une histoire super avec des voyages dans le temps, de la lévitation et des gens qui se voient eux-mêmes et qui veulent s’auto-tuer. Une fois muni de sa super-bonne-idée, Johnson a rempli les trous. Si bien que Looper est un film avec de vraies ambitions artistiques au niveau de la réalisation, mais qui manque d'authenticité et de personnalité au niveau du scénario.

 

Note : 3.5 / 5

 

 

L'Avis de mr-edward :

Mélange de science-fiction, de fantastique, de drame et de film noir, Looper un excellent film, une réussite cinématographique qui deviendra certainement culte, comme le fut Blade Runner ou Bienvenue à Gattaca à leur époque. Malgré une légère baisse de régime dans la seconde partie du film, il n'en demeure pas moins que ce film de S-F possède très certainement l'un des scénario les mieux écrits de ces dernières années. Celui-ci est malin, truffé de pas mal de références et intelligent. Rian Johnson a voulu prendre son temps. Il ne se précipite pas lorsqu'il doit illustrer ses propos. Cela permet de rendre l'univers de Looper intéressant et cohérent. Les effets spéciaux s'incorporent parfaitement avec le monde qu'il a voulut créer. La mise en scène est maîtrisée. Quelques lenteurs à signaler. La réalisation étant posée et sobre, voire fluide. On ne tombe jamais dans la surenchère d'effets-spéciaux ou d'explosion. Un excellent casting. Définitivement l'un des meilleurs films de cette année 2012 et une œuvre culte qui fera date.

Note : 4.25/5

Rédigé par yoyo114

Publié dans #Sorties Ciné, #Dans le Magnéto

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leblogdeyoyo114 20/01/2013 20:06

Et je vais reparler du jeune acteur Paul Dano, que j'ai vu il y a quelques jours dans There will be blood en prêtre charismatique. Il était phénoménal, une fois de plus.
Je pense que c'est un futur grand acteur.

leblogdeyoyo114 20/01/2013 20:03

Je ne pensais pas que mon article serait si souvent commenté !

nadia 20/01/2013 19:44

Oh est j'ai oublié Comme Jo 30ans dit un souvenir une réalité possible qui reste pour la mère et l'enfant uniquement.

Nadia 20/01/2013 19:37

Oui c'est pour sa que je dit que c'est compliqué de faire un film sur les voyages dans temps et le but du film. L,enfant est celui qui a créer ( cette boucle) le but était de le tuer parce qu'il a
vu sa mère se faire tuer par un looper du future mais se fut pas le cas donc la mère et le fils reste impregné de se souvenir de cette fin et je crois que de là doit repartir d'une (nouvelle boucle
comme tu dit)ou tout se reconstruit. Mais un changement dans temps entraine un autre qui en efface un autre donc tout doit être calculer avec précision pour un succès et un sénorio qui se tient du
début a la fin. Mais j'ai aimé film il a beaucoup action. mais ...

Hunter Arrow 20/01/2013 19:20

Ca dépend comment le temps est envisagé, en sachant ici que dans Looper la trajectoire du temps n'est pas vu comme une ligne que l'on briserai mais comme une boucle... et plutôt que de briser une
boucle (terme mal employé à la fin je pense) je pencherai plutôt pour l'idée qu'il en créé une toute nouvelle tout simplement...

nadia 20/01/2013 19:10

Moi je trouve que c'est un autre film sur le voyage dans temps encore raté. La fin est une énorme erreur si il se tue et par fait même lui a l,êge de trente ans pour empêcher que le jeune garçon
voit sa mère mourir se qui l'entraine plus tard a tuer les loopers par la boucle. Bien finalent cette réalité n,existe plus donc elle ne peut pas voir Jo mort a terre a la fin du film car le but du
film de cette enfant qui venge n'est plus donc rien c'est produit. Un film sur les voyages dans temps sont tres complexe mais 12 singes oui effectivement c'est un film dur a battre parce qu'il est
bien pensé du début a la fin.

Hunter Arrow 06/01/2013 14:32

Il brise la boucle tout simplement... voilà c'est tout.

xavier 05/01/2013 16:25

c'est fou ! comment on peut se gourer dans le script avec cette fin qui se mord la q... c'est impossible. je ne donnerai pas la fin de l histoire mais pour moi cela ne tient pas debout. a moins que
quelqu'un veuille m expliquer pour moi c'est tout faux sur la fin.

Hunter Arrow 15/11/2012 21:52

Là où je trouve que tu es dur c'est avec Gordon Levitt. Bon on accroche ou non à un acteur, mais personnellement je lui trouve une classe naturelle. Malgré un physique en apparence discret, il n'a
pas besoin de faire grand chose pour qu'on le remarque. Il a du style tout simplement.

Bruce Willis tu le dis "pas crédible" alors que je trouve qu'il fait sobre et personnellement je n'ai pas eu de mal à voir au delà de l'acteur pour y décerner le personnage qu'il incarnait. Je
trouve qu'en réalité le film est difficilement critiquable sur son cast qui est très bon.