The Place beyond the Pines

Publié le 19 Mars 2013

The Place Beyond the Pines est le deuxième film de Derek Cianfrance qui a réussi à attirer à lui une belle brochette d'acteurs. Mais un bon casting ne faisant pas forcément un bon film, qu'en est il de celui ci ?

De quoi ça cause ?

Et bien en fait ça cause de pas mal de choses et je ne peux vous révéler l'ensemble de l'intrigue sans vous spoiler cette dernière, ou plutôt, ces dernières.Sachez que dans ce film, l'action est découpée en trois parties bien distinctes, chacune mettant en avant un destin en particulier. La première partie suit le personnage de Gosling, la seconde celui de Cooper et la dernière traite des "héritiers". Voilà c'est tout ce que je peux et veux vous en dire, vous laissant la surprise de la découverte de cette oeuvre passionnante.

Un Drive Like ?

C'était la question que l'on pouvait décemment se poser à la vue de la bande annonce, surtout lorsque l'on est une raclure de bidet portant le pseudonyme de Yoyo114 (1 million de carambars à celui qui me rapportera sa tête). Et la réponse est on ne peut plus simple et claire : PAS DU TOUT. Certes l'idée du braqueur motorisé avec Gosling dans le rôle titre pourrait prêter à penser que c'est le cas... sauf que c'est bel et bien le seul détail avec lequel on peut créer un lien entre ce film et celui de Refn.

Les choses étant d'entrée de jeu éclaircies laissez moi entrer dans le vif de la critique. On va commencer par la technique. Visuellement, The Place Beyond the Pines se place dans la lignée de ce cinéma indépendant américain dont le style a littéralement explosé en représentativité avec l'excellent The Wrestler de Darren Arronofsky. Plans serrés sur les visages pas nécessairement mis en valeur par une lumière flatteuse, grain de l'image "âpre", caméra à l'épaule filmant l'action comme si l'on était dans un documentaire... en clair, Derrek Cianfrance respecte son cahier des charges du parfait petit film qui veut pas péter plus haut que son derrière tout en étant très efficace. Notons toutefois qu'il met en scène avec un certain brio les rares scènes de poursuite. Rien à dire, Cianfrance sait ce qu'il a à faire avec une caméra et n'en est visiblement plus au stade où il chercherait encore le bouton on/off de celle ci à l'inverse de Uwe Boll.

Maintenant je vais évoquer plus particulièrement le coeur du film c'est à dire l'intrigue ou plutôt les intrigues. A ce titre la décomposition du long métrage en 3 parties distinctes est sans doute la plus grande force mais aussi la plus grande faiblesse de ce dernier. Je vais commencer à évoquer les quelques points négatifs que ce parti pris artistique engendre.

Tout d'abord, lorsqu'au sein du même film vous créé 3 histoires, c'est prendre le risque d'en traiter une qui soit plus intéressante que les autres et qu'ainsi elle phagocyte l'attention du spectateur. C'est le cas de films tels que Traffic, Sin City, Snatch et malheureusement ce The Place Beyond the Pines n'échappe pas à ce défaut même si dans le cas présent il est moins gênant que dans les films pré cités. Bien sur chacun aura sa libre interprétation quant à son passage préféré, mais en ce qui me concerne c'est indéniablement celui traitant du personnage de Luke Glanton que j'ai préféré. C'est à mon sens le plus riche en émotions, celui qui prend le plus le spectateur aux tripes. Après lui, la deuxième partie avec le personnage de Avery semble moins intéressante (bien que très bonne attention) et surtout donne la désagréable impression d'être une partie de "transition". Alors en ce qui me concerne je trouve que c'est un défaut mineur qui n'a en aucun cas entaché mon plaisir devant ce film; toutefois en l'état d'autres spectateurs seront sans doute plus gênés par cet aspect.

Autre défaut imputable au parti pris : une certaine répétitivité narrative. Par là je n'entend pas que l'histoire se répète mais plutôt la façon dont cette dernière est narrée. Avec trois intrigues distinctes; le film use 3 fois du même schéma narratif inhérent à une oeuvre de fiction : introduction, élément perturbateur, action, conclusion et c'est cela qui peut donner cette idée de répétitivité. L'autre défaut dans ce défaut étant celui d'une tension qui se désamorce. Ce que je veux dire par là c'est qu'à la fin d'une histoire, cette dernière atteint toujours son apogée émotionnelle. Clairement c'est là où le spectateur est le plus "dans le film". Toutefois une fois la conclusion passée, on doit à nouveau rentrer dans une nouvelle histoire avec de nouveaux personnages qu'il faut introduire. Encore une fois, cet aspect je dois le souligner mais à titre personnel il n'a pas nui au plaisir à mon plaisir ressenti devant ce long métrage.

Car une fois passé outre ces défauts qui nous rebuterons plus ou moins selon notre affinité avec les thèmes, on passe un très bon moment. Mais surtout on s'aperçoit que le tout reste d'une grande fluidité, l'histoire légitimant parfaitement l'enchainement des trois intrigues. Et bon point supplémentaire : ces 3 intrigues sont toutes intéressantes et brassent énormément de thèmes sans toutefois les exposer de façon trop ostentatoire à un point où ça deviendrait de la masturbation intellectuelle. Non, Cianfrance préfère traiter de thématiques aussi profondes que la paternité, la responsabilité, l'ambition, la vengeance en les fouillant naturellement et surtout en conservant un angle humain. Car oui, c'est sans doute l'humanité que dégage ce long métrage qui vous prendra le plus au tripes et vous confirmera que vous être bien devant un très bel ouvrage d'un futur grand du 7ème art.

Une humanité parfaitement véhiculée par ces interprètes qui sont tous absolument magistraux. Ryan Gosling demeure une valeur toujours aussi sûre et il fait étalage, dans ce film, de son grand talent dans le rôle d'un personnage plus faillible qu'il n'y parait et très émouvant. Bradley Cooper quant à lui confirme tout le bien que l'on peut penser à son sujet. Il parvient à porter une prestation aussi crédible qu'elle peut être difficile, ce dernier jouant sans doute le personnage le plus "complexe", émotionnellement parlant, de l'oeuvre. A mon sens il s'agit de la meilleur interprétation du long métrage. Toutefois la jeunesse est elle aussi très bonne, confirmant que la relève est assurée en la présence de Dan Dehaan et de Emory Cohen. Les seconds rôles sont particulièrement bien choisis et ça fait plaisir de revoir Eva Mendes et surtout Ray Liotta dans des personnages où ils sont à nouveau crédibles. Rien à dire au niveau du casting, Cianfrance signe le sans faute en embauchant des acteurs talentueux qu'il dirige avec tout autant de talent.

En ce qui concerne la BO de Mike Patton, c'est sans doute là où je suis le plus circonspect. D'un côté elle est irréprochable si on l'associe uniquement aux images de ce film, participant activement à l'ambiance assez unique qui se dégage de l'oeuvre. Toutefois, à l'inverse de la BO d'un Drive, elle n'est pas vraiment écoutable en lecture seule. Alors bon j'avoue chipoter un peu, mais peut être les mélomanes risquent d'être sensibles à ce point.

Pour conclure :

Pour son second film, Derrek Cianfrance signe une oeuvre d'une grande sincérité doublé d'une profonde humanité qui sans nul mal parviendra à vous impliquer dans les intrigues traitées. Certes, ce parti pris entraîne quelques défauts, mais à titre personnel ces derniers ne m'ont pas empêché d'être touché par la "grâce" qui se dégage de ce long métrage et il serait dommage que vous passiez à côté de ce qui demeure une vrai pépite du cinéma indépendant américain. Un film à voir absolument.

 

L'Avis de mr-edward

The Place Beyond The Pines est un film brillant et profond, réalisé par Derek Cianfrance. Il aborde à travers son récit, qu'il traite de manière intelligente, juste et réaliste, des sujets tels que la relation père/fils, le poids de la culpabilité, l'héritage familiale, la corruption ou la recherche d'identité. Il ne tombe jamais dans la surenchère et emprunte une direction originale et surprenante. La durée du film, 2h20, amènent quelques petits longueurs mais elles ne sont pas gênantes. Le jeu des acteurs est tout simplement époustouflant. La mise en scène est certes classique mais très bonnes, nous offrant des moments qui prends au tripes et d'une rare intensité, évitant certains clichés du genre et le tout "sublimé" par une excellente bande-son livrée par Mike Patton.
Note : 4.5/5

 

The Place beyond the Pines

Rédigé par Hunter Arrow

Publié dans #Sorties Ciné, #Dans le Magnéto

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yoyo 28/04/2013 11:31

Je ne suis plus une raclure de bidet.
J'ai découvert la méditation orientale

Hunter Arrow 19/04/2013 17:12

Je ne connais pas vraiment Mike Patton. Comme je le dis en soi elle n'est pas mauvaise du tout, sauf que si on la dégage des images, personnellement ce n'est pas ma came. Mais associée au film elle
fait des merveilles.

Sinon merci pour le compliment. Je pense que ce qui fait tout l'essentialité de cette critique c'est l'insulte que je formule à l'encontre de Yoyo114. D'ailleurs à titre personnel je pense que si
ma critique n'aurait contenu que "Yoyo est une enflure méprisable doublé d'une couenne de raclure de bidet" la critique de ce film aurait gardé toute sa pertinence.

mr-edward 19/04/2013 02:31

Concernant la b.o. j'ai été surpris d'apprendre que c'était Mike Patton qui est un "personnage" atypique de la scène rock, si je puis dire. Je connais peu son travail mais tout ce que je peux dire
c'est qu'il aime expérimenter.

Sinon bonne critique.