Les meilleures scènes de Stanley Kubrick

Publié le 29 Décembre 2012

   
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Ce deuxième volet de ma nouvelle série d’articles est consacré, comme son nom l’indique, aux frères Boukaieff. Meuuuh non ! Aujourd’hui, je vais disséquer la filmographie d’un de mes réalisateurs préférés, j’ai nommé : Stanley Kubrick. Alors, je tiens tout de suite à éviter un malentendu : non, je ne mettrai aucune scène de 2001, l’odyssée de l’espace, car c’est un film auquel je n’accroche pas du tout. Si je faisais un article complètement objectif, je serais obligé de mettre la scène des singes, la scène du monolithe, la scène du beau Danube Bleu. Sauf que yoyo114 a décidé de parler des scènes de film qui le touchent personnellement.

 

 

Alors, je vous rappelle la règle importante : le titre est en vert si la scène ne gâche pas le suspense du film, le titre est en rouge si au contraire il y a des spoilers. Voilà, et comme dirait Norton dans Les évadés : « les autres règles, vous les comprendrez au fur et à mesure ».

 

 

C’EST QUOI QU’IL A FAIT D’IMPORTANT ?

 

-          Les sentiers de la gloire, 1957

-          Lolita, 1962

-          Docteur Folamour, 1964

-          2001, l’odyssée de l’espace, 1968

-          Orange mécanique, 1971

-          Barry Lyndon, 1975

-          Shining, 1980

-          Full metal Jacket, 1987

 

QU’EST-CE QU’IL A DE PARTICULIER ?

 

On n’adhère pas à tous les films de Kubrick, sans doute parce que son œuvre est très diverse. Mais la plupart de ses films laissent une empreinte indélébile dans l’imaginaire du spectateur. La mise en scène est toujours d’une époustouflante maîtrise et emporte un sentiment de puissance. Le perfectionnisme de Stanley Kubrick a permis aux cinéphiles d’être terrorisé dans Shining, bouleversé par le destin de Barry Lyndon, dérangé par Orange mécanique, et révolté par Les sentiers de la gloire.

 

Voilà ce que l’on peut dire de Stanley Kubrick : un grand artiste qui n’hésite pas à pousser le spectateur là où il n’a pas envie d’aller, quelque soit le registre : dramatique, horreur, guerre, humour, science-fiction, épouvante, érotisme : Kubrick a touché à tout, et presque à chaque fois, il a transcendé les genres.

 

 

LES 5 SCENES MARQUANTES

 


5/ Donne-moi la batte, Shining

 

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Qui n’a pas été terrorisé par cette confrontation glaçante entre Jack Torrance et son épouse, interprétés par Jack Nicholson et Shelley Duvall. L’occasion pour Nicholson de jouer la folie à merveille. La scène est assez longue, et pourtant Kubrick parvient à créer de l’angoisse à chaque seconde, par le mouvement des acteurs, l’utilisation de l’éclairage, la musique… Un grand, très grand moment de cinéma. On pourrait citer une dizaine de scènes remarquables dans Shining (le bar, Voilà Johnny, les Jumelles, le labyrinthe, l’ascenseur), mais bon, parfois, il faut choisir.

 

http://www.youtube.com/watch?v=WFnCLenXkoA

Désolé, c’est en anglais, mais c’est à peu près compréhensible.

 



4/ L’assaut, Les sentiers de la gloire

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Le premier long-métrage de Stanley Kubrick traite de la guerre, un de ses thèmes favoris, que l’on retrouvera plus tard dans Docteur Folamour, et Full Metal Jacket, et même, en partie, dans Barry Lyndon. Kubrick était antimilitariste, et Les sentiers de la gloire provoqua un tel scandale qu’il ne fut diffusé en France que vingt-ans après sa sortie. Et pour cause : le film raconte le procès de six soldats français pendant la première guerre mondiale, menacés de la peine de mort car ils ont refusé de se battre. Le colonel Dax (Kirk Douglas) va prendre leur défense, en démontrant qu’ils couraient à une mort certaine et qu’ils ont eu raison d’arrêter le combat.

 

Le film a cinquante-cinq ans. Pourtant, la scène de bataille ci-dessous est filmée de façon très moderne, et même nous, spectateurs biberonnés au Soldat Ryan et à Apocalypse Now, on se laisse emporter par cet extrait.

 

http://www.youtube.com/watch?v=A_u6nhZa9Ho

 



3/ Viens jouer avec nous, Shining

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Eh oui, je n’ai pas résisté à ajouter une deuxième scène de Shining. Difficile de faire autrement en fait. Car cette scène est sans doute celle qui m’a le plus traumatisé au cinéma. Aujourd’hui encore, quand j’y repense, j’en ai mal au cœur. En fait, Shining n’est pas un film angoissant, c’est un film terrorisant, grosse nuance. Kubrick fait de la folie un personnage à part entière, qui contamine les trois membres de la famille. C’est sans doute parce qu’il n’y a pas vraiment de méchant que Shining est un film marquant, on est juste confronté à la psychose des personnages. La fin ouverte (l'hôtel était-il hanté?) nous torture l'esprit pendant un bon moment.

 

Pour info : le roman de Stephen King était plus axé sur le thème de la maison hantée. Mais Kubrick, qui était convaincu que le mal était intérieur à l’être humain, a complètement remodelé le scénario.

 

Dans cette scène, Danny se promène dans les couloirs, et fait une rencontre bizarre. Notez que les couloirs deviennent de plus en plus étouffants, et que la caméra fait des plans de plus en plus serrés. Peut-être est-ce pour ça que la scène est si flippante. Vous remarquerez la quasi-symétrie de l'image : deux jumelles, les portes d'un côté et de l'autre, le couloir : difficile d'interpréter cette image, mais en tout cas, elle est très inquiétante, c'était très certainement l'effet voulu.

 

 http://www.vodkaster.com/Films/Shining/467

 



2/ La scène d’ouverture de Full Metal Jacket

 

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Probablement la meilleure première scène de film. On est plongé dans le vif du sujet, on comprend que le film va osciller entre l’humour et le drame. Et surtout, on découvre le sergent Hartmann, survolté, impitoyable, cruel, qui en cinq minutes va faire comprendre à une cinquantaine de jeunes qu’en temps de guerre, leur vie ne vaut plus rien. On retrouve l’art de la mise en scène de Kubrick, sa passion pour les endroits très vastes, son goût du détail, et la beauté de la photographie.

 

Au départ, l’interprète du sergent Hartmann était juste conseiller technique, mais Kubrick le trouva tellement charismatique qu’il lui proposa le rôle. Et le résultat est bluffant.

 

 http://www.dailymotion.com/video/x9bdt8_full-metal-jacket-debut-du-film_shortfilms

 



1/ L’enterrement, Barry Lyndon

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Kubrick a toujours eu du mal à faire naître l’émotion dans ses films. Dans cette scène, il y est pourtant parvenu. Je pourrais vous présenter la traditionnelle scène d’éclairage à la bougie, mais cet article a justement pour but de vous faire découvrir ou redécouvrir des scènes marquantes mais pas forcément très connues.

 

Ici, Barry Lyndon est au chevet de son fils, et se rend compte progressivement que non seulement il va perdre l’être auquel il tient plus que tout, mais qu’en plus sa vie est un échec. La scène est d’une grande cruauté, et on y découvre l’anticléricalisme de Kubrick. L’église prend un sacré coup, surtout dans la deuxième partie de la scène où, devant le cercueil, le précepteur récite des versets de la Bible avec une voix indifférente, une succession de phrases qui explique que la mort n’est qu’une autre étape, qu’il faut bénir le seigneur pour avoir pris la vie d’un enfant.

 

Entre humour et désespoir, parcourue d’une émotion intense, la scène est de loin celle qui m’a le plus bouleversée dans l’œuvre de Stanley Kubrick. On retrouve ce qui fait la force de Barry Lyndon : des images sublimes, une reconstitution historique minutieuse, précise, la musique de Haendel et un éclairage NATUREL, très rare pour l’époque. Cette scène, comme tout le film, est un véritable poème visuel.

 

http://www.dailymotion.com/video/x6oqes_l-eternel-a-donne-l-eternel-a-repri_shortfilms

 

Rédigé par yoyo114

Publié dans #Dossiers Ciné

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Hunter Arrow 29/12/2012 17:54

Excellent article encore une fois Yoyo. Là pas de polémique pour Kubrick, je trouve que ce réalisateur était un génie même si je n'aime pas tout ses films.

Mais de tout ceux que tu as cité, je les trouve tous excellent, ma préférence allant pour Shinning le film d'Horreur le plus abouti jamais réalisé.

Temple Of Whiskers 03/01/2013 10:26



Merci, hunter, moi je préfère quand même Barry Lyndon, mais Shining vient juste après !